Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

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Le contestataire déclare :

(Et c’est pour cette raison que nous avons établi dans notre analyse (1) — à savoir que le terme « serment » n’englobe pas le serment prêté par autre qu’Allah, — exalté soit-Il —, qu’un groupe de savants a affirmé que l’îlâ’ ne se réalise que par l’invocation d’Allah (2). Ils n’ont donc pas inclus la suspension conditionnelle par le divorce ou autre (3) dans la portée de la Parole du Très-Haut : « Pour ceux qui jurent de s’abstenir de leurs épouses, un délai d’attente de quatre mois » [al-Baqarah : 226], conformément à l’une des deux opinions d’ach-Châfi‘î. Il s’ensuit, pour ces savants, que la suspension conditionnelle n’est pas appelée serment, car l’îlâ’ est le serment ; tout ce qui relève de sa dénomination relève de la sienne.) (4)

La réponse se donne sous deux aspects.

Premièrement : cette opinion correspond à l’ancienne position d’ach-Châfi‘î et constitue l’un des récits rapportés d’Ahmad ; elle a été choisie par al-Khirqî, le Qâdî et d’autres. La majorité des savants, cependant, estiment que l’îlâ’ se constitue par tout serment nécessitant une expiation — selon la seconde version [277/b] rapportée d’Ahmad. Abû Bakr ʿAbd al-ʿAzîz rapporte encore que, selon Ahmad, il se réalise par tout serment reconnu parmi les serments des musulmans — ce qui correspond à la troisième version rapportée d’Ahmad — et tel est également l’avis de Mâlik, d’Abû Ḥanîfah et d’ach-Châfi‘î dans sa position la plus récente.

Certains ont même évoqué à ce sujet un consensus. Ibn al-Mundhir a dit :

[Et ils sont unanimes à considérer que tout serment qui interdit le rapport intime constitue un îlâ’.] (5)

(1) Tel quel dans l’original, et dans «al-Taḥqīq» : «حركناه» («nous l’avons vocalisé»). (2) al-Ḥāwī (t. 10, p. 337) et al-Bayān d’al-ʿUmrānī (t. 10, p. 277). (3) Tel quel dans l’original, et dans «al-Taḥqīq» : «ونحوه» («et de même»). (4) «al-Taḥqīq» (p. 48 b), ainsi que ce qui est entre ses guillemets. (5) Espace blanc équivalent à une ligne et deux mots, et ce qui est établi par consensus chez Ibn al-Mundhir (p. 118).
فصلٌ قال المعترض: (ولهذا البحث الذي حررناه (١) ، وهو أَنَّ [اسم] اليمين لا تشمل اليمين بغير الله ــ تعالى ــ قال جماعة من العلماء: إِنَّ الإيلاء لا يكون إلا بالله (٢) ، ولم يجعلوا التعليق بالطلاق وغيره (٣) داخلًا في قوله: {لِلَّذِينَ يُؤْلُونَ مِنْ نِسَائِهِمْ تَرَبُّصُ أَرْبَعَةِ أَشْهُرٍ} [البقرة: ٢٢٦] كما هو أحد قولي الشافعي؛ فمقتضى قول هؤلاء أَنَّ التعليق لا يسمى يمينًا لأنَّ الإيلاء هو اليمين، فما دخل في مسماها دخل في مسماه) (٤) . والجواب من وجهين: أحدهما: أَنَّ هذا القول هو القول القديم للشافعي، وهو إحدى الروايات عن أحمد، اختارها الخرقي والقاضي وغيرهما، وأما جمهور العلماء فعلى أَنَّ الإيلاء ينعقد إما بكل يمين مكفَّرة كالرواية الثانية [٢٧٧/ ب] عن أحمد، وذكر أبو بكر عبد العزيز أَنَّ هذا مذهب أحمد أنها بكل يمين من أيمان المسلمين كالرواية الثالثة عن أحمد، وهو قول مالك وأبي حنيفة والشافعي في الجديد، وذكر بعضهم هذا إجماعًا قال ابن المنذر: [وأجمعوا على أنَّ كل يمين مَنَعَتْ جِماعًا أنها إيلاء] (٥) .
(١) كذا في الأصل، وفي «التحقيق»: (حركناه). (٢) الحاوي (١٠/ ٣٣٧)، والبيان للعمراني (١٠/ ٢٧٧). (٣) كذا في الأصل، وفي «التحقيق»: (ونحوه). (٤) «التحقيق» (٤٨/ ب)، وما بين المعقوفتين منه. (٥) بياض مقدار سطر وكلمتين، والمثبت من الإجماع لابن المنذر (ص ١١٨).

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