Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

L’injonction et l’interdiction relèvent d’un principe rationnel qui ne varie pas selon les langues ; et nul parmi les savants n’a jamais soutenu que le serment mentionné dans le Livre d’Allah — Exalté soit-Il —, ou la parole que les Arabes appellent serment, ou encore le sens intelligible indépendamment du terme « serment », doive nécessairement être formulé à l’aide des particules que les grammairiens nomment « lettres de serment ». De même, ce que l’on appelle imploration ou lamentation n’a pas pour condition de se présenter sous la forme que les grammairiens désignent comme imploration ou lamentation (1).

Il n’est pas non plus requis, pour qu’un énoncé soit un ordre, qu’il se conforme à la forme que les grammairiens appellent « forme impérative ». Ainsi, lorsque l’on dit :
« Allah vous ordonne de restituer les dépôts à leurs ayants droit »
(An-Nisâ’ : 58),
il s’agit bien d’un ordre, de l’avis unanime des musulmans (2).

Les grammairiens, pour leur part, cantonnent la forme de l’ordre aux expressions « Fais ! » ou « Qu’il fasse ! ». Ils emploient même certains termes hors de leur sens premier dans la langue : le mot kalima (« mot ») désigne, dans leur terminologie, l’élément isolé — nom, verbe ou particule porteuse de sens sans être nom ni verbe —, alors que, dans la langue arabe, le terme kalima n’est connu que pour la proposition complète, telle que le sujet et le prédicat, ou le verbe et son agent ; l’élément isolé n’y est pas appelé « kalima » (3).

Quant à sa parole : « Quiconque prétend que l’attribution du nom de serment constitue une réalité linguistique ou légale doit en apporter la preuve »,
on lui répondra : si l’usage du terme n’était attesté que dans la parole des savants, sans que l’on sache qu’ils aient altéré la langue, le principe voudrait que celle-ci demeure inchangée ; il conviendrait donc de considérer cet usage comme une réalité linguistique tant qu’aucune preuve ne vient établir le contraire, et c’est à celui qui soutient qu’il s’agit d’un emploi métaphorique qu’incombe la charge de la preuve.

(1) Voir supra (p. 884). (2) En effet, l’amr est constitué à la fois de la forme (le terme) et du sens. Voir al-Masawwadah, vol. 1, p. 92. (3) Études linguistiques et grammaticales dans les œuvres d’Ibn Taymiyya, p. 411 ; et Ikhtiyārāt du cheikh al-Islām Ibn Taymiyya et taqrīrātuh fī al-naḥw wa-al-ṣarf, p. 63.
الأمر والنهي؛ أَمْرٌ عقليٌ لا يختلف باختلاف اللغات، وأنه لم يقل أَحَدٌ من العلماء إن اليمين المذكورة حكمها في كتاب الله ــ تعالى ــ أو الكلام الذي تسميه العرب يمينًا، أو المعنى المعقول دون لفظ اليمين من شرطه أن يكون بالحروف التي يسميها النحاة حروف القَسَم، كما أنه ليس من شرط ما يسمى استغاثة وندبًا أَنْ يكون بالصيغة التي تسميها النحاة استغاثة وندبًا (١) . وليس مِنْ شَرْطِ ما يكون أمرًا أن يكون بالصيغة التي يسميها النحاة صيغة الأمر، بل لو قال: {إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُكُمْ أَنْ تُؤَدُّوا الْأَمَانَاتِ إِلَى أَهْلِهَا} [النساء: ٥٨] كان هذا أمرًا باتفاق المسلمين (٢) . والنحاة يجعلون صيغة الأمر قوله: افعل ولتفعل فقط، بل قد يستعملون اللفظ في غير موضوعه في اللغة؛ كلفظ الكلمة هي في اصطلاحهم اللفظ المفرد، مثل الاسم والفعل والحرف الذي جاء لمعنى ليس باسم ولا فعل، ولفظ الكلمة في لغة العرب لا يُعْرَف إلا للجملة التامة كالمبتدأ والخبر وكالفعل والفاعل، لا يسمى المفرد كلمة (٣) . وقوله: (فمن ادعى أَنَّ إطلاق اسم اليمين حقيقة لغوية أو شرعية فعليه إقامة الدليل على ذلك) . فيقال له: لو لم يُعرف الإطلاق إلا من كلام العلماء، ولم يعرف أنهم غيروا اللغة لكان الأصل بقاء اللغة، ولوجب أَنْ يجعل ذلك حقيقة لغوية ما لم يقم دليل بخلاف ذلك، ولكان مُدَّعِي المجاز هو الذي عليه الدليل،
(١) انظر ما تقدم (ص ٨٨٤). (٢) حيث إنَّ الأمر مجموع اللفظ والمعنى. انظر: المسوَّدة (١/ ٩٢). (٣) الدراسات اللغوية والنحوية في مؤلفات ابن تيمية (ص ٤١١)، واختيارات شيخ الإسلام ابن تيمية وتقريراته في النحو والصرف (ص ٦٣).

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