On répond :
Cela constitue, de sa part, l’aveu que l’obligation d’acquitter l’expiation dans le serment assorti de divorce est reconnue par la majorité des savants : pour eux, si l’acte est accompli, le serment est violé et l’expiation s’impose. Il reconnaît en outre que les propos de la plupart des compagnons (du madhhab) et d’autres encore – ceux qui admettent la faculté de choisir – divergent de ce qu’il a avancé, car ils considèrent que l’acte dont on s’est abstenu équivaut au parjure et qu’il entraîne soit l’expiation, soit l’exécution de l’engagement.
Il concède également que quiconque adopte cette opinion doit dire la même chose au sujet de la formule : « Si j’accomplis telle chose, alors ma femme est répudiée » ; et que ces savants tiennent l’intention d’incitation ou de dissuasion pour un empêchement (1) à la naissance de l’obligation, déplaçant ainsi la parole du sens d’un vœu – d’affranchissement, par exemple – à celui d’un simple serment portant uniquement sur l’acte.
Par là même, il admet la justesse du raisonnement du répondant, la rectitude de ses propos et l’obligation, par analogie, qui découle de ce principe que reconnaissent les compagnons (du madhhab) et la majorité des savants ; tel est l’objectif recherché. Le répondant l’a d’ailleurs exposé en d’autres passages (2), rapportant et examinant les paroles des maîtres parmi les disciples d’al-Shâfi‘î et d’Ahmad – qu’Allah leur fasse miséricorde – au sujet de cette question : leurs propos impliquent, sans aucun doute, que l’expiation suffit lorsque le serment porte sur le divorce ou l’affranchissement, qu’il n’existe entre les deux aucune différence pertinente. Il a également discuté la distinction qu’ils évoquent et en a montré la faiblesse, comme l’admet ici même l’objecteur [273/b].
Quant à sa déclaration selon laquelle « cela déplace la parole du sens d’un vœu d’affranchissement au sens d’un serment portant uniquement sur l’acte », on lui répond : nul besoin d’ajouter « uniquement ». En réalité, la formulation englobe la signification de deux serments : d’une part, le serment portant sur cet acte ; d’autre part, l’idée que l’expiation ne devient obligatoire que si la première contingence se réalise sans la seconde, alors que, si l’engagement assumé est effectivement honoré, aucune expiation ne lui incombe.