Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

« Par Allah, il m’incombe d’affranchir cent esclaves. » Il lui est alors loisible de se parjurer et d’acquitter l’expiation en libérant un seul esclave ; mais s’il affranchit cent esclaves, il ne se sera pas parjuré et aucune expiation ne lui incombera.

La raison en est que cette faculté de choisir n’émane pas, à l’origine, du Législateur ; c’est l’homme qui a prêté serment, or la Loi révélée n’a rendu le serment ni obligatoire ni interdit. L’individu est donc libre [273/a] soit d’exécuter ce qu’il s’est imposé par son serment, soit d’en acquitter l’expiation. Le choix résulte ainsi du fait qu’il dispose, lors de la conclusion de l’engagement, d’une latitude entre se parjurer et expier, ou ne pas se parjurer, même si ce qui lui incombe en cas de parjure est parfois plus léger que ce qui lui serait imposé s’il ne se parjurait pas. On rencontre cela [dans] (1) nombre de serments, et c’est l’une des manifestations de la ḥanīfiyya indulgente avec laquelle Allah a envoyé Muḥammad – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui : le serment n’a pas été décrété comme une obligation en soi, ni comme un interdit, mais il peut simplement être expié […] (2).

Section
Il a dit :

« Et chaque fois que l’on affirme que l’intention d’exhortation ou de dissuasion empêche l’engagement de devenir contraignant et transfère la parole de la signification d’un vœu – d’affranchissement, par exemple – à celle d’un simple serment portant exclusivement sur l’acte, on doit tenir le même raisonnement pour la formule : “Si je fais telle chose, alors ma femme est répudiée.” Car l’intention de dissuasion la fait passer (3) au rang de serment relatif au seul acte, et l’expiation devient alors due. Quiconque concède cela est tenu (4) d’apporter une réponse distincte à cette question. » (5)

(1) Addition requise par le contexte. (2) Blanc équivalent à deux ou trois mots ; il s’agirait probablement de : « ou il accomplit ce à quoi il s’est engagé ». (3) À l’origine : « أَنَّ », attesté dans al-Taḥqīq. (4) Dans al-Taḥqīq, ajout : « طريق الانفصال بأنَّ الطلاق حكمٌ وليس التزامًا، وهي بخلاف نذر اللجاج، وما ليس إلزامًا لا يكون كاليمين، فإنَّ اليمين إنما تكون في الإلزام أنْ ينفصل عن هذا » (la voie de la dissociation selon laquelle le divorce est un jugement et non une obligation, contrairement au vœu obstiné ; ce qui n’est pas une obligation ne peut être assimilé au serment, car le serment n’existe, pour qu’il y ait obligation, que lorsqu’il s’en distingue). (5) al-Taḥqīq, p. 48/a.
فلله عليَّ عِتْقُ مائةِ عَبْدٍ، فله أَنْ يحنث وَيُكَفِّر فيعتق عبدًا واحدًا، وَإِنْ أعتق مائةَ عبد لم يحنث فلا كفارة عليه. وسبب هذا: أَنَّ التخيير ليس من الشارع ابتداء، ولكن هو حَلَفَ يمينًا، والشارع لا يجعل اليمين توجبه ولا تحرمه، فللإنسان أَنْ [٢٧٣/ أ] يفعل ما التزمه بيمينه وله أَنْ يُكَفِّر يمينه؛ فجاء التخيير من كونه مخيرًا في عقد اليمين بين أَنْ يحنث ويكفر وبين ألا يحنث، وإن كان ما يلزمه بالحنث أعظم مما يلزمه إذا حنث وكفر، وهذا موجودٌ [في] (١) كثيرٍ من الأيمان، وهذا من الحنيفية السمحة التي بعث الله بها محمدًا - صلى الله عليه وسلم - لم يجعل اليمين موجبة ولا محرمة بل إما أن تكفر [ ... ] (٢) . فصلٌ قال: (ومتى قلنا: إِنَّ قَصْدَ الحثِّ أو المنع مانعٌ من ثبوت الملتزم، وأنه ناقلٌ للكلام عن معنى نَذْرِ الإعتاق مثلًا إلى معنى الحلف على ذلك الفعل لا غير= يقال ذلك ــ أيضًا ــ في: إِنْ فَعَلْتُ فامرأتي طالق؛ إِنَّ قصد المنع ناقل له إلى (٣) معنى الحلف على الفعل خاصة فتجب الكفارة؛ فَمَنْ سَلَّمَ ذلك يلزمه (٤) أَنْ ينفصل عن هذا) (٥) .
(١) إضافة يقتضيها السياق. (٢) بياض مقدار كلمتين أو ثلاث، ولعلها: (أو يَفعل ما التزمه). (٣) في الأصل: (أَنَّ)، والمثبت من «التحقيق». (٤) في «التحقيق» زيادة: (طريق الانفصال بأنَّ الطلاق حكمٌ وليس التزامًا، وهي بخلاف نذر اللجاج، وما ليس إلزامًا لا يكون كاليمين، فإنَّ اليمين إنما تكون في الإلزام أنْ ينفصل عن هذا). (٥) «التحقيق» (٤٨/ أ).

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