Et Aḥmad en a fait mention comme d’un consensus ; toutefois, certains savants postérieurs de l’école shâfiʿite s’y sont opposés, et l’on a rapporté à ce sujet une opinion de l’Imâm al-Shâfiʿî ainsi qu’une version attribuée à Aḥmad.
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Il a dit :
« C’est pourquoi certains condisciples ont estimé que, même si nous affirmons que l’obligation consiste dans l’expiation, il demeure toutefois permis à l’intéressé d’accomplir ce à quoi il s’est engagé ; [cet avis est faible dans le madhhab], et l’Imâm l’a rangé parmi les errements, l’expliquant par l’attachement à leur principe premier : selon leur interprétation, l’expiation serait obligatoire en elle-même. »
On dira donc : il se peut – et Allâh est plus savant – que l’intention de celui qui a émis cet avis n’ait pas été comprise ; car aucun esprit sensé n’affirmera que l’expiation est en soi obligatoire tout en maintenant qu’il lui serait en même temps permis d’accomplir son engagement sans s’acquitter de l’expiation – cela reviendrait à combiner deux contradictoires.
En réalité, l’auteur de cette parole a peut-être voulu dire qu’une fois l’expiation acquittée, il lui reste possible d’effectuer les actes d’adoration qu’il avait assumés ; point de doute, cela est admis sans controverse. Ou bien il aura simplement énoncé que « l’expiation est strictement due » en entendant par là qu’elle devient obligatoire lorsqu’il ne réalise pas ce qu’il s’est imposé ; tel est l’avis partagé par tous ceux qui imposent l’expiation. Il n’a jamais voulu dire qu’elle serait immédiatement exigible dès le premier acte, alors même qu’il lui resterait la liberté d’agir et que, par conséquent, aucune expiation ne serait due.
Si ses paroles ne comportent aucune formulation explicite justifiant l’erreur qu’on lui impute, alors, Allâh sait mieux, c’est bien le critique qui se trompe ; son propos visait seulement à affirmer que l’expiation devient obligatoire dès lors que la condition est réalisée tandis que la contrepartie fait défaut, ce qui constitue le second parjure. C’est pourquoi il a dit :
« Et il lui demeure, en même temps, la faculté d’accomplir ce qu’il s’est engagé à faire », parole parfaitement correcte.