ceux qui ne l’admettent pas (1), car il s’est déjà engagé envers Allah à ce qu’un vœu rendrait obligatoire dans ce cas précis.
Ainsi, qu’il dise : « Si j’accomplis telle chose, il m’incombe d’accomplir le ḥajj », ou : « Tout mon patrimoine sera donné en aumône », son intention n’est pas, dans cette hypothèse, de s’exhorter au pèlerinage ou à l’aumône, mais plutôt de faire de ces actes un devoir envers Allah dans ladite éventualité. En réalité, il ne veut pas les rendre obligatoires ; il répugne même à leur obligation et à leur caractère impératif. Il a donc subordonné ces actes au premier fait pour dissuader celui-ci, du fait qu’il refuse de se charger d’une telle obligation.
Dès lors que, sous condition, il s’est astreint à ce dont il déteste voir la charge lui incomber, sa déclaration prend, à ce titre, la valeur d’un serment. Cet énoncé conditionnel n’est donc serment qu’avec la condition ; sans elle, il ne serait pas un serment, mais un simple vœu pur, contrairement au premier genre (269/b), où l’énoncé suspendu, pris isolément, équivaudrait déjà à un serment ; lorsqu’il se joint à la première partie, il devient un serment subordonné au parjure dans l’acte.
C’est pour cette raison que l’imâm al-Shâfi‘î – qu’Allah lui fasse miséricorde – distingue entre la parole : « J’ai un vœu envers Allah » et la parole : « Si je fais telle chose, un vœu envers Allah m’incombe » (2).
Quiconque médite ces notions saisira les distinctions subtiles, obscures à beaucoup, dans cette question qui en déroute tant. Le nâdhir tenu d’accomplir son vœu ne le devient réellement qu’à trois conditions : 1) qu’il ait l’intention de s’engager ; 2) qu’il s’engage envers Allah – Très-Haut –, même s’il ne prononce pas de sa langue « pour Allah » ; 3) que ce qu’il s’impose soit une obéissance envers Allah – Très-Haut.
S’il ne s’impose pas un acte d’obéissance envers Allah – Pureté à Lui –, rien ne lui incombe, que l’acte soit prohibé ou permis ; quant à l’obligation d’une kaffâra, les avis divergent et les détails sont nombreux. Et si l’acte est une obéissance mais qu’il n’a pas voulu se l’imposer pour se rapprocher d’Allah, voulant seulement se stimuler lui-même ou autrui, ou se détourner, lui ou autrui, de cet acte, il est alors considéré comme hâlif (3).