l’expiation ne peut se substituer à l’engagement obligatoire qu’impose le vœu lorsque le votant est en mesure de l’accomplir.
Cependant, la différence est la suivante : cet homme n’est pas à proprement parler un votant ; il ne fait que s’engager, tout comme le votant s’engage. Le votant, lui, a voulu se lier à la sanction dès lors que la condition se réalise, alors que celui-ci n’a pas voulu que la sanction devienne obligatoire pour lui, que la condition advienne ou non ; il ne l’a assumée que pour que cet engagement l’empêche d’accomplir la condition. En effet, il s’est abstenu de réaliser la condition et a donc rendu cette sanction obligatoire pour lui dans une éventualité qu’il réprouve ; il s’est imposé ce qu’il ne souhaite nullement devoir supporter dans ladite éventualité, afin que l’obligation qui pèserait alors sur lui constitue un frein et un dissuasif contre la survenue de cette éventualité, et non pour qu’elle lui incombe réellement si elle venait à se produire.
Son cas et le vœu de dévotion ont en commun le principe de l’engagement : dans les deux situations, il rend la sanction obligatoire pour lui si la condition se réalise. Mais, dans l’un des deux cas, il désire la condition et souhaite que l’obligation qu’il s’est imposée devienne effective lorsque la condition survient, tandis que, dans l’autre, il déteste la condition et déteste que l’obligation qu’il s’est imposée lui incombe, même si la condition venait à se produire. Ainsi, dans le vœu d’obstination et de colère, il éprouve de l’aversion tant pour la condition que pour la sanction ; et son aversion pour la sanction est plus forte et plus constante. Il a donc fait dépendre le mal supérieur (la sanction) du mal inférieur (la condition) afin que l’obligation du premier le détourne du second, ou encore pour qu’elle l’y pousse, selon le cas.
Dans le vœu de dévotion, en revanche, il veut pleinement la condition ; il a subordonné à celle-ci la sanction, soit par gratitude pour le bienfait qu’Allah — exalté soit-Il — lui aura accordé si la condition se réalise, soit parce qu’il croit que le fait de s’engager à la sanction est une cause de la réalisation de la condition. Il désire donc la sanction lorsque la condition se réalise, tout en ne la désirant pas en son absence ; et son désir de la condition est plus fort que son désir de la sanction. Ici, les deux sont désirés ; mais la sanction n’est voulue qu’à titre de conséquence, sous l’hypothèse de la condition, comme le vendeur désire recevoir le prix lorsque la marchandise lui est remise, tandis que la condition est voulue en elle-même et pour elle-même(1). Quant au vœu