Ce second principe est caduc ; il contredit le Livre d’Allah, la Sunna, le consensus des imâms ainsi que l’avis de l’ensemble des savants reconnus de la communauté (1).
En effet, la divergence que certains auteurs tardifs ont rapportée d’éléments parmi les traditionnistes — à savoir que tout vovant aurait le choix entre s’acquitter de son vœu ou s’en défaire par une expiation — est une opinion nulle ; aucun maître connu ne la soutient. On l’a même attribuée à l’imâm Aḥmad, mais c’est là une méprise à son égard. Les textes multiples et concordants d’Aḥmad et de ses disciples établissent l’obligation de s’acquitter du vœu et affirment qu’il n’est pas permis à tout vovant de s’en dispenser moyennant une expiation, comme cela est permis pour le serment ; ces textes sont trop célèbres et trop nombreux pour être énumérés ici.
Or, Aḥmad soutient, tout comme la majorité des Salaf, que quiconque ne s’acquitte pas de son vœu — ni de l’objet même du vœu ni de son substitut prévu par la loi — doit verser l’expiation du serment. Toutefois, il ne lui est pas licite de délaisser l’exécution du vœu et de se contenter de l’expiation, comme il est permis à celui qui a juré d’accomplir un acte permis de renoncer à son serment et de payer l’expiation. La position d’Aḥmad rejoint donc celle de l’ensemble des savants musulmans : le vœu d’obéissance doit impérativement être accompli, ainsi que l’attestent le Livre et la Sunna.
Quand bien même quelqu’un soutiendrait le contraire, son avis irait à l’encontre du Livre, de la Sunna, du consensus des Salaf et des écoles juridiques de tous les savants musulmans, qu’il s’agisse des quatre écoles connues ou d’autres.
Et à supposer même qu’il s’agisse d’une opinion recevable, la discussion présente s’adresse à celui qui reconnaît l’obligation d’honorer le vœu de dévotion, tout en admettant qu’il constitue un engagement, au même titre que le vœu d’obstination et de colère. Si, dans les deux cas (2), il était véritablement un vovant et qu’il avait, dans l’un comme dans l’autre (3), l’intention d’endosser la sanction lorsque la condition se réalise, l’expiation serait alors obligatoire dans les deux situations. Or il n’en est rien ; l’expiation ne peut suppléer