de ne pas le faire. De même, il fait serment à l’égard de sa femme ; et ces personnes se montrent respectueuses envers lui afin de ne pas lui nuire en le poussant au parjure, de peur qu’il ne se mette en colère contre elles si elles le faisaient parjurer, ou qu’il ne les châtie dans ce cas. La femme, pour ces mêmes raisons, se montre bienveillante à son égard ; elle le fait également pour que le divorce ne la frappe point, si elle pense que, dès qu’il se parjurerait, elle serait divorcée, tant le préjudice que lui causerait la séparation est grand ; cela peut donc la retenir de le pousser à violer son serment.
Ainsi, lorsqu’il dit :
« Si tu fais telle chose, tu es divorcée »,
ou lorsqu’il dit à son fils :
« Si toi tu fais telle chose, ma femme est divorcée »,
ou encore lorsqu’il adresse ces paroles à son esclave ou à son ami, c’est comme s’il disait :
« Le divorce m’incombe : ne le fais pas »,
ou qu’il dise à son fils, à son esclave ou à son ami :
« Le divorce m’incombe : ne fais pas cela »,
ou bien qu’il dise à propos de lui-même :
« Le divorce m’incombe : je ne ferai pas telle chose. »
Dans chacune de ces situations, il sait intérieurement qu’il n’a pas voulu divorcer d’elle par la simple réalisation de la condition ; il a toujours repoussé le divorce, l’a en horreur et ne souhaite pas qu’il se produise, que la condition advienne ou non. Il n’a lié le divorce à cette condition, tout en sachant qu’il en déteste la survenue, que pour faire de son refus du divorce la cause de l’inexistence de la condition exigée. Par ce serment, son intention est de dissuader ces personnes, ou de se dissuader lui-même, de l’acte conditionnel, en l’associant à une conséquence qu’il se rend obligatoire — divorce ou autre — parmi ces choses qu’il a rendues dépendantes de la condition, alors qu’il ne les désire nullement, bien au contraire, il les exècre ; certaines sont même, d’ordinaire, impossibles à vouloir, et il est, par nature et par disposition innée, impossible de les désirer.
Et plus il veut renforcer son serment, plus il ajoute de telles conséquences qu’il rejette catégoriquement, allant jusqu’à dire, par exemple :
« Si je fais telle chose, qu’Allah ne me fasse pas mourir sur la religion de l’islam, qu’Il me coupe mes quatre membres, qu’Il m’ôte la vue de mes yeux, qu’Il me ressuscite aux côtés de Pharaon, de Hâmân, d’Ubayy ibn Khalaf », et autres invocations semblables qu’il prononce contre lui-même.
Or, celui qui invoque sollicite effectivement l’objet de son invocation et désire sa réalisation lorsque l’invocation est voulue pour elle-même ; quant à