ses mains, sans gants, en les drapant d’un pan de tissu ; car le visage et les mains constituent une partie intime (ʿawra) qu’il faut dissimuler aux hommes, que l’on soit ou non en état d’ihram.
Le shaykh de l’Islam Ibn Taymiyya (m. 728 H) a dit : « La femme, dans son ensemble, est ʿawra ; il lui est donc permis de porter les vêtements qui la couvrent et de s’abriter sous la capote de la litière. Toutefois, le Prophète ﷺ lui a interdit de se voiler le visage au moyen d’un niqâb ou de porter des gants – les gants étant une enveloppe confectionnée pour la main. Si la femme couvre son visage avec un tissu qui ne touche pas la peau, cela est unanimement autorisé ; et même s’il la touche, l’avis correct est que cela reste permis. On ne lui impose pas d’écarter son voile du visage, ni avec un bâton, ni avec la main, ni par tout autre moyen, car le Prophète ﷺ a mis sur un même plan son visage et ses mains : tous deux ont le même statut que le corps de l’homme, et non celui de sa tête. Les épouses du Prophète ﷺ laissaient retomber leur voile sur leur visage sans chercher à le tenir à distance, et aucun savant n’a rapporté du Prophète ﷺ qu’il ait dit : “L’ihram de la femme se trouve dans son visage” ; cette parole n’appartient qu’à certains prédécesseurs. » Fin de citation.
L’éminent Ibn al-Qayyim écrit dans Tahdhîb al-Sunna (2 / 350) : « Il n’existe pas une seule parole du Prophète ﷺ obligeant la femme à découvrir son visage durant l’ihram, si ce n’est l’interdiction du niqâb. » Plus loin il ajoute : « Il est attesté qu’Asmâʾ se couvrait le visage lorsqu’elle était en état d’ihram, et ʿÂʾicha a dit : “Des cavaliers passaient près de nous alors que nous accompagnions le Messager d’Allah ﷺ en état d’ihram ; lorsque leurs montures arrivaient à notre hauteur…”