Par « voile » (ḥijâb) on entend tout ce qui soustrait la femme aux regards : un mur, une porte ou un vêtement. Bien que le terme coranique vise d’abord les épouses du Prophète ﷺ, sa prescription englobe toutes les croyantes, car Allah en énonce la raison : « Cela est plus pur pour vos cœurs comme pour les leurs » [Al-Aḥzâb : 53] (1). Or, la généralité de la raison implique la généralité du jugement. Allah – exalté soit-Il – dit encore : « Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de rabattre sur elles leurs grands voiles » [Al-Aḥzâb : 59] (2).
Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya rapporte dans son Majmûʿ al-Fatâwâ (22/110-111) : « Le jilbâb est la milâʾa ; Ibn Masʿûd et d’autres l’appellent ridâʾ, et le commun l’appelle izâr. Il s’agit d’un large vêtement qui couvre la tête et tout le corps. Abû ʿUbayda et d’autres précisent qu’elle le fait descendre depuis le sommet de la tête, de sorte que seule son œil reste visible ; le niqâb relève du même genre. » Fin de citation.
Parmi les preuves issues de la sunna quant à l’obligation pour la femme de couvrir son visage devant les hommes qui ne sont pas ses maḥrams, figure le hadith d’ʿÂʾisha – qu’Allah l’agrée – : « Des cavaliers passaient près de nous alors que nous accompagnions le Messager d’Allah ﷺ en état d’iḥrâm ; lorsqu’ils se trouvaient à notre hauteur… »