du fait du ḥadith d’Ibn ʿAbbâs formulé sans restriction – la dernière version rapportée par Muslim : « Qu’aucune femme ne voyage si ce n’est accompagnée d’un maḥram. » Ce texte englobe tout ce que l’on qualifie de voyage, et Allah est plus savant. Fin de citation.
Quant à ceux qui ont émis une fatwa autorisant la femme à voyager en compagnie d’un groupe de femmes pour accomplir le ḥajj obligatoire, ils vont à l’encontre de la sunna. L’imâm al-Khaṭṭâbî déclare dans Maʿālim as-Sunan (2/276-277), propos repris dans le Tahḏīb d’Ibn al-Qayyim : « Le Prophète ﷺ lui a interdit de voyager sauf avec un homme qui soit l’un de ses maḥram ; permettre son départ pour le ḥajj alors que fait défaut la condition établie par le Prophète ﷺ est contraire à la sunna. Or, si son déplacement sans maḥram constitue une désobéissance, il n’est pas permis de lui imposer le ḥajj, car on ne commande pas une obéissance par un moyen menant à la désobéissance. » Fin de citation.
J’ajoute : ces juristes n’ont pas donné à la femme une permission générale de voyager sans maḥram ; ils ont simplement toléré cela pour le seul ḥajj obligatoire.
L’imâm an-Nawawî dit dans al-Majmūʿ (8/249) : « Un voyage surérogatoire, un déplacement commercial, de visite ou assimilé n’est permis qu’avec un maḥram. » Fin de citation.
Ainsi, ceux qui, à notre époque, se montrent laxistes en autorisant le voyage de la femme sans maḥram pour n’importe quel déplacement ne reçoivent l’aval d’aucun savant dont l’avis fasse autorité.
Ils avancent encore : « Son maḥram l’installe dans l’avion, puis un autre maḥram l’accueille à son arrivée, l’avion étant – prétendent-ils – sûr en raison du grand nombre de passagers, hommes et femmes confondus. »