al-Balkhî – suspecté de mensonge – est le seul, parmi les rapporteurs de traditions, à avoir transmis ce ḥadith ; de plus, il contredit les récits authentiques. Il est donc établi qu’il est caduc : on ne saurait s’y fier ni s’en prévaloir pour s’opposer à la sunna authentique. Allah est Celui dont on implore le secours.
Il ne fait aucun doute que le rasage complet est plus grave du point de vue du péché : c’est l’éradication totale de la barbe, une outrance dans la commission de l’interdit et une imitation des femmes. Quant au fait de la tondre ou de l’éclaircir, il s’agit, certes, d’un acte blâmable et contraire aux ḥadiths authentiques, mais d’un degré moindre que le rasage.
Pour ce qui est de l’auteur d’un tel acte, il est pécheur sans pour autant devenir mécréant, même s’il en croit la licéité sur la base d’une compréhension erronée ou par suivisme de certains savants. Il faut toutefois l’exhorter et le mettre en garde contre ce blâmable, car la règle concernant la barbe, de manière générale, fait l’objet d’une divergence entre les savants : doit-on absolument la laisser pousser ou est-il permis de la tailler ? Quant au rasage intégral, je ne connais personne parmi les savants qui l’ait autorisé. Cela dit, on ne déclare pas mécréant celui qui, par ignorance ou imitation, pense que c’est permis, à la différence des interdictions dont l’illicéité est notoire dans la religion.