7 – Le regroupement est également autorisé lorsque la boue devient épaisse (1) ou qu’un vent violent et glacial souffle. La preuve en est le hadith d’Abd Allâh ibn ‘Abbâs – qu’Allah l’agrée – : un jour de pluie, il dit à son muezzin : « Lorsque tu auras proclamé : “J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, et j’atteste que Muhammad est le Messager d’Allah”, ne dis pas : “Venez à la prière”. Dis plutôt : “Priez dans vos demeures.” » Les gens s’en étonnèrent, et il leur répondit : « Vous en étonnez-vous ? Celui qui vaut mieux que moi l’a déjà fait. Certes, la prière du vendredi est une obligation stricte (2), mais j’ai répugné à vous imposer de marcher dans la boue et sur un sol glissant. » Dans une autre version : « Le muezzin d’Ibn ‘Abbâs fit l’appel à la prière un vendredi pluvieux… puis il ajouta : “et j’ai répugné à vous voir marcher sur un terrain glissant et exposé aux faux pas (3)”. » (4)
(1) Le terme wahal désigne une boue fine et humide, glissante ; les vocables wahal, dahd, zalal, zalaq et radgh sont synonymes. Certains auteurs l’emploient aussi pour la pluie qui détrempe la surface du sol. Cf. al-Nawawi, Sharh Sahih Muslim, 5/215 ; Ibn Qasim, Hashiyat al-Rawd al-Murbi‘, 2/403.
(2) L’expression « al-jumu‘a ‘azma » signifie que la prière du vendredi est catégoriquement obligatoire. Voir al-Nawawi, Sharh Sahih Muslim, 5/244.
(3) Muslim, nº 699 ; ce hadith a déjà été cité dans la section « Motifs justifiant l’absence à la prière en groupe ».
(4) En résumé, la jonction (jam‘) de deux prières est permise dans les cas suivants : 1) en voyage autorisant la taqsir (raccourcissement) ; 2) pour le malade auquel l’abandon du regroupement causerait une gêne, ainsi que pour la femme en istihada (saignements anormaux) ; 3) pour la nourrice à qui il serait pénible de laver ses vêtements à chaque prière ; 4) sous la pluie ; 5) lorsque le sol est particulièrement glissant ; 6) par vent froid violent ; 7) pour toute excuse qui dispense de la prière du vendredi ou de la prière en congrégation. Cf. Ibn ‘Uthaymin, al-Sharh al-Mumti‘, 4/558 ; Ibn Taymiyya, al-Ikhtiyarat al-fiqhiyya, p. 112 ; al-Insaf (avec al-Muqni‘ et al-Sharh al-Kabir), 5/90. — Combiner les prières sans motif valable fait partie des péchés majeurs : Ibn Taymiyya, Majmu‘ fatawa, 24/84 ; 22/31, 53-54.