, afin de pouvoir se coucher aussitôt après et se réveiller au milieu de la nuit pour poursuivre son voyage. Ce cas – et tout ce qui lui ressemble – autorise donc le regroupement des prières. Quant au voyageur qui s’installe plusieurs jours dans un village ou dans une ville et qui, de ce fait, est assimilé aux habitants du lieu, celui-là, bien qu’il puisse réduire la prière parce qu’il demeure voyageur, ne la regroupe pas (1).
On invoque également, pour établir que le voyageur peut regrouper deux prières lorsqu’il fait halte et qu’une nécessité se présente, le ḥadith d’Abû Juḥayfa – qu’Allah l’agrée – : il se rendit auprès du Prophète ﷺ alors que celui-ci était installé à La Mecque, dans la plaine d’al-Abṭaḥ, durant le Pèlerinage d’Adieu, sous une tente de cuir rouge. Il dit : « Le Prophète ﷺ sortit à la chaleur de midi, vêtu d’un manteau rouge, fit ses ablutions et Bilâl lança l’appel à la prière. On planta alors devant lui une petite lance ; il s’avança et dirigea la prière dans la plaine : le ẓuhr, deux rakʿa, puis le ʿaṣr, deux rakʿa… » (2). An-Nawawî – qu’Allah lui fasse miséricorde – commente : « Ce récit constitue une preuve de la réduction et du regroupement en voyage, et il indique qu’il est préférable, pour celui qui veut regrouper… »