et son attachement à la sunna précédant l’aube était plus soutenu que pour toutes les autres prières surérogatoires ; il ne délaissait ni cette sunna ni le witr, qu’il fût en voyage ou en résidence… Aucun récit n’indique qu’il ﷺ ait, durant ses déplacements, accompli une autre sunna régulière que ces deux-là. » (1)
Quant aux prières surérogatoires absolues, elles demeurent légitimes aussi bien pour le résident que pour le voyageur ; ainsi, par exemple : la prière du ḍuḥā (la prière du matin), la prière nocturne du tahajjud, toutes les nawāfil absolues, ainsi que les prières motivées par une cause : les deux rakʿa qui suivent les ablutions, celles du ṭawāf, la prière de l’éclipse, la salutation de la mosquée, et d’autres encore. (2)
L’imâm an-Nawawî — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Les savants sont unanimes quant à la recommandation des prières surérogatoires absolues en voyage… » (3)
(1) Zād al-Maʿād fī hady khayr al-ʿibād, vol. 1, p. 315.
(2) Cf. Majmūʿ fatāwā wa maqālāt de l’imam Ibn Bāz, vol. 11, p. 390-391.
(3) An-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim, vol. 5, p. 205, écrit : « Les avis divergent quant au caractère recommandé des nawāfil rātiba ; Ibn ʿUmar et d’autres les jugeaient déconseillées, alors qu’Ach-Shāfiʿī, ses disciples et la majorité les considéraient recommandées, en s’appuyant sur les hadiths généraux qui encouragent ces prières régulières. » Voir également Ibn Ḥajar, Fatḥ al-Bārī, vol. 2, p. 577. Ibn Qudāma rapporte qu’Aḥmad disait : « J’espère qu’il n’y a aucun inconvénient à accomplir des prières surérogatoires en voyage. » Al-Ḥasan affirme que les Compagnons voyageaient en priant avant et après l’obligatoire ; cette pratique est aussi rapportée de ʿUmar, ʿAlī, Ibn Masʿūd, Jābir, Anas, Ibn ʿAbbās, Abū Dharr et de nombreux tābiʿūn, et elle correspond à l’avis de Mālik, Ach-Shāfiʿī, Isḥāq, Abū Thawr et Ibn al-Mundhir. Ibn ʿUmar, en revanche, ne priait ni avant ni après l’obligatoire, sauf au cœur de la nuit ; la même attitude est attribuée à Saʿīd b. al-Musayyab, Saʿīd b. Jubayr et ʿAlī b. al-Ḥusayn. Ibn Qudāma conclut que les textes montrent qu’il n’y a pas de mal à les accomplir ni à les délaisser, d’où la conciliation des hadiths (Al-Mughnī, vol. 3, p. 155-157). — L’auteur précise : l’avis retenu par notre maître l’imam Ibn Bāz est qu’il est conforme à la sunna de délaisser les rātiba en voyage, à l’exception du witr et de la sunna du fajr ; les nawāfil absolues et celles motivées par une cause restent, quant à elles, légales en voyage comme en résidence (Fatāwā Ibn Bāz, vol. 11, p. 390-391).