passés à Tabûk, il examinait la situation de la guerre contre les Byzantins : devait-il avancer ou rentrer ? Puis Allah lui permit de repartir. Sur la base de cet épisode et de celui de la Conquête, il en déduisit qu’il n’y a aucun mal à raccourcir la prière durant un séjour occasionnel, même s’il se prolonge ; les savants vont même jusqu’à dire : quand bien même on demeurerait des années, tant qu’on n’a pas formé l’intention ferme de s’installer, on reste voyageur et l’on bénéficie des règles du voyage. Tel est l’avis correct.
En revanche, si l’on prend la décision d’établir sa résidence, les docteurs divergent sur la durée qui fait perdre le statut de voyageur : est-ce vingt jours, dix-neuf, trois ou quatre jours ? L’opinion la plus solide est celle des quatre jours, car c’est la durée du séjour du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — lors du Pèlerinage d’Adieu. Ainsi, celui qui projette de rester plus de quatre jours accomplit les prières dans leur intégralité ; s’il compte rester quatre jours ou moins, il les abrège, puisqu’il s’agit d’un séjour déterminé. C’est la position d’ach-Shâfiʿî, d’Aḥmad et de Mâlik : en la suivant, les textes se concilient et l’on prévient les abus. C’est là l’avis le plus sûr, comme l’a indiqué la majorité : quatre jours, car ce qui dépasse ce délai n’est pas unanimement reconnu, tandis que ce qui est inférieur