Salat al-MusafirSa’id ibn Wahf al-Qahtani

ʿAbd Allah Ibn Bâz — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit (1) :

« La voie la plus appropriée dans cette question est que tout ce qui est considéré comme voyage se voit appliquer les règles du voyage : raccourcissement et combinaison des prières, rupture du jeûne, et permission d’essuyer sur les khuffs (chaussons de cuir) pendant trois jours, car le voyageur a besoin de provisions et d’une outre d’eau. Autrement dit, seules les situations effectivement qualifiées de voyage sont concernées ; dans les autres, ces concessions ne s’appliquent pas.

Cependant, si le musulman suit l’avis de la majorité, selon lequel la distance qualifiée de voyage correspond à deux journées complètes de marche soutenue (2), tandis qu’un seul barîd ou trois farsakhs ne constituent pas, à leurs yeux, un voyage, alors agir ainsi est louable par précaution. Cela évite que les gens ne deviennent négligents et ne raccourcissent la prière là où ils ne le devraient pas, en raison de l’ignorance répandue et du manque de clairvoyance — surtout depuis l’apparition des automobiles —, car cela pourrait mener certains à rompre le jeûne alors qu’ils ne sont encore que dans les faubourgs de la ville. Or ces deux journées correspondent à soixante-dix kilomètres.»

(1) Je lui ai personnellement entendu formuler cet avis en commentant Bulugh al-Maram, hadith n° 457. (2) Les « deux jours moyens » correspondent à quatre barid. Un barid équivaut à la distance parcourue en une demi-journée. L’expression « moyens » (c’est-à-dire ni marche ininterrompue jour et nuit, ni pauses trop fréquentes) donne donc quatre barid, soit seize farsakh. Or, un farsakh vaut trois milles, ce qui représente quarante-huit milles. En prenant pour base le mille actuellement estimé à 1 600 m, on obtient environ 76,8 km ; d’autres évaluations avancent 80,64 km ou 72 km. L’érudit Muhammad b. Salih al-‘Uthaymin précise que le mille commun équivaut à « un kilomètre et soixante pour cent ». Voir : Al-Sharh al-mumti‘, 4/496 ; Taysir al-‘allam, 1/273 ; Al-Fath al-rabbani, 5/108.
عبد الله ابن باز ﵀ يقول (١): ((الأولى في هذا أن ما يعد سفرًا تلحقه أحكام السفر: من قصر وجمع، وفطر، وثلاثة أيام للمسح على الخفين؛ لأنه يحتاج إلى الزاد والمزاد: أي ما يعد سفرًا وما لا فلا، ولكن إذا عمل المسلم بقول الجمهور وهو أنَّ ما يُعدُّ سفرًا هو يومين قاصدين (٢)، أما البريد والفراسخ الثلاثة فلا تعد عندهم سفرًا، فلو عمل الإنسان بهذا القول فهذا حسن من باب الاحتياط؛ لئلا يتساهل الناس فيصلوا قصرًا فيما لا ينبغي لهم ذلك؛ لكثرة الجهل، وقلة البصيرة، ولا سيما عند وجود السيارات؛ فإن هذا قد يفضي إلى التساهل حتى يفطر في ضواحي البلد، واليومان هما سبعون كيلو
(١) سمعته منه أثناء تقريره على بلوغ المرام، الحديث رقم ٤٥٧. (٢) اليومان القاصدان هما أربعة برد، والبريد مسيرة نصف يوم، ومعنى القاصدين: أي لا يسير فيها الإنسان ليلاً ونهارًا سيرًا بحتًا، ولا يكون كثير النزول والإقامة، والبريد قدروه بأربعة فراسخ، فتكون أربعة برد ستة عشر فرسخًا، والفرسخ قدروه بثلاثة أميال، فتكون ثمانية وأربعين ميلاً، والميل المعروف ألف وستمائة متر، فتكون الأربعة برد =٧٦.٨ كيلو تقريبًا، وقيل: ٨٠.٦٤ كيلو، وقيل: ٧٢، قال العلامة محمد بن صالح العثيمين ﵀: والميل المعروف = كيلو وستين في المائة. انظر: الشرح الممتع،٤/ ٤٩٦، تيسير العلام للبسام،١/ ٢٧٣،والفتح الرباني للبنا، ٥/ ١٠٨.

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