Si l’on a oublié une prière obligatoire alors que l’on était résident et qu’on ne s’en souvient qu’en voyage, il faut la rattraper sous sa forme complète de résident, sans l’écourter, et ce par consensus. En effet, cette prière était fixée à quatre unités ; il n’est donc pas permis d’en retrancher. De plus, on ne fait que rattraper ce qui a été manqué, et ce qui a été manqué comptait bien quatre unités.
En revanche, si l’on a omis une prière de voyage et que l’on ne s’en souvient qu’une fois rentré, l’imâm Aḥmad estime, par précaution, qu’il convient de l’accomplir intégralement. C’est aussi l’avis d’al-Awzâʿī, de Dâwûd et de l’imâm al-Shâfiʿī dans l’une de ses deux opinions. Mâlik, Sufyân ath-Thawrī et les jurisconsultes hanafites jugent quant à eux qu’il l’accomplira sous la forme abrégée propre au voyage, car on ne rattrape que ce qui a été manqué, et il n’a omis que deux unités (1). Et Allah sait mieux (2).
Si, enfin, il oublie cette prière durant un voyage et s’en souvient au cours du même déplacement, ou pendant un autre voyage, il la rattrapera.
(1) Ibn Qudâma, Al-Mughnî, vol. 3, p. 141-142 ; Al-Insâf fî maʿrifat ar-râjiḥ min al-khilâf, publié avec Al-Muqniʿ et Ach-Charḥ al-kabîr, vol. 5, p. 53-54 ; Ibn Qâsim, Hâchiyat ar-Rawḍ al-murbiʿ, vol. 2, p. 387.
(2) Le cheikh Muḥammad b. Ṣâliḥ al-ʿUthaymîn estime que l’avis le plus solide veut que celui qui a omis une prière due en voyage et ne s’en souvient qu’à son retour l’accomplisse sous forme raccourcie (qaṣr), car elle est devenue obligatoire durant le déplacement et les prières du voyageur sont, par nature, écourtées ; il n’a donc pas à les compléter. La question se décline ainsi en quatre situations :
1. Il se rappelle une prière de voyage alors qu’il est encore en voyage : il prie raccourci.
2. Il se rappelle une prière de résidence alors qu’il est en résidence : il prie complet.
3. Il se rappelle une prière de voyage alors qu’il est en résidence : il prie raccourci, et c’est l’avis correct.
4. Il se rappelle une prière de résidence alors qu’il est en voyage : il prie complet.
Voir : Ibn ʿUthaymîn, Ach-Charḥ al-mumtiʿ, 4/517-519 et 5/542-543.