Les degrés de l’ordre du convenable et de l’interdiction du blâmable
Le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit :
« Quiconque parmi vous voit un blâmable, qu’il le change de sa main ; s’il n’en est pas capable, alors par sa langue ; et s’il n’en est pas capable, alors par son cœur, et cela constitue le degré le plus faible de la foi. »
Il est donc évident que l’ordre du convenable et l’interdiction du blâmable, parachevés par le jihâd, représentent l’un des plus grands biens auxquels nous avons été conviés. C’est pour cela qu’il a été dit : « Que ton ordre du convenable et ton interdiction du blâmable ne soient pas eux-mêmes blâmables. » Dès lors qu’il s’agit de l’une des obligations et des actes méritoires les plus importants, il est indispensable que l’intérêt qu’ils procurent l’emporte sur la corruption qu’ils pourraient entraîner ; c’est à cette fin que les Messagers ont été envoyés et que les Livres ont été révélés. Allah n’aime pas la corruption ; tout ce qu’Il ordonne constitue, au contraire, une réforme. Il a loué maintes fois la rectitude, les réformateurs, ainsi que ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres, et Il a blâmé les corrupteurs à plusieurs endroits.
Par conséquent, lorsque le préjudice suscité par l’ordre ou l’interdiction dépasse son intérêt, cette action ne fait plus partie de ce qu’Allah a prescrit – même s’il en résulte l’abandon d’un devoir ou la commission d’un interdit ; car le croyant doit craindre Allah à propos de Ses serviteurs, sans que leur guidée ne lui incombe.
Tel est le sens de la parole du Très-Haut :
« Ô vous qui avez cru ! Prenez garde à vous-mêmes ; celui qui s’égare ne vous nuira point si vous êtes bien guidés. »
(sourate al-Mâʾidah, 5 : 105)
La bonne direction ne se réalise qu’en accomplissant les obligations. Ainsi, lorsque le musulman s’acquitte de ce qui lui incombe d’ordonner le convenable et d’interdire le blâmable, comme il s’acquitte des autres devoirs, l’égarement des égarés ne lui portera aucun tort.
Cela se fait tantôt par le cœur, tantôt par la langue, tantôt par la main. Quant à l’action du cœur, elle est obligatoire en toute circonstance, puisqu’elle ne comporte aucun préjudice ; celui qui ne la manifeste pas n’est pas croyant, comme l’a dit le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui :
« Et cela constitue le degré le plus bas – ou le plus faible – de la foi. »