Al-Amr bi-l-Maʿrūf wa-n-Nahy ʿan al-MunkarIbn Taimiya

et à la Sounnah de Son Messager. En effet, Allah – qu’Il soit exalté – a informé que quiconque purifie son intention pour Allah et fait preuve d’excellence dans son œuvre mérite la récompense et est préservé du châtiment.

C’est pourquoi les imâms des Salaf réunissaient toujours ces deux fondements. Ainsi, al-Fudayl ibn ‘Iyâd, à propos de la parole d’Allah :

« Afin de vous éprouver et de voir lequel d’entre vous est le meilleur en œuvres. »
(Sourate al-Mulk, v. 2),

a dit : « le plus sincère et le plus correct. » On lui demanda : « Ô Abû ‘Alî, qu’entends-tu par “le plus sincère et le plus correct” ? » Il répondit : « Si l’œuvre est correcte mais n’est pas sincère, elle n’est pas acceptée ; et si elle est sincère mais n’est pas correcte, elle n’est pas acceptée jusqu’à ce qu’elle soit à la fois sincère et correcte. »

La sincérité consiste à la vouer à Allah, et la correction consiste à la conformer à la Sounnah.

Ibn Shâhîn et al-Lâlakâ’î ont rapporté d’après Sa‘îd ibn Jubayr qu’il a dit : « Aucune parole ni action n’est acceptée sans intention, et aucune parole, action ou intention n’est acceptée sans conformité à la Sounnah. » Ils ont rapporté une formule analogue d’al-Hasan al-Basrî, avec toutefois l’expression : « n’est pas valide » à la place de « n’est pas acceptée ».

Cela constitue une réfutation des Murji’ah, qui considèrent que la simple parole suffit ; or il est établi qu’il faut nécessairement la parole et l’action, car la foi est parole et action : ces deux éléments sont indispensables, comme nous l’avons développé ailleurs, et nous avons montré que la simple ratification du cœur et de la langue, lorsqu’elle s’accompagne d’aversion et d’orgueil, ne constitue pas une foi – de l’avis unanime des croyants – tant que cette ratification n’est pas jointe à l’action.

L’origine de l’action est l’action du cœur : l’amour et la vénération, qui s’opposent à la haine et à l’orgueil.

Puis ils ont dit : « Aucune parole ni action n’est acceptée sans intention. » Cela est évident, car si la parole et l’action ne sont pas entièrement vouées à Allah – Très-Haut –, Il ne les accepte pas, puis

رسوله، فقد أخبر الله تعالى أنه من أخلص قصده لله وكان محسنا في عمله فإنه مستحق للثواب سالم من العقاب. ولهذا كان أئمة السلف يجمعون هذين الأصلين، كقول الفضيل بن عياض في قوله تعالى: {لِيَبْلُوَكُمْ أَيُّكُمْ أَحْسَنُ عَمَلًا} [الملك: ٢] (سورة الملك: من الآية ٢) . قال: أخلصه وأصوبه، فقيل: يا أبا علي! ما أخلصه وأصوبه؟ فقال: إن العمل إذا كان صوابا ولم يكن خالصا لم يقبل، وإذا كان خالصا ولم يكن صوابا لم يقبل حتى يكون خالصا صوابا، والخالص: أن يكون لله، والصواب أن يكون على السنة. وقد روى ابن شاهين واللالكائي عن سعيد بن جبير، قال: لا يقبل قول وعمل إلا بنية، ولا يقبل قول وعمل ونية إلا بموافقة السنة، ورويا عن الحسن البصري مثله، ولفظه: " لا يصلح " مكان " لا يقبل " ، وهذا فيه رد على المرجئة الذين يجعلون مجرد القول كافيا، فأخبر أنه لا بد من قول وعمل، إذ الإيمان قول وعمل، لا بد من هذين، كما قد بسطناه في غير هذا الموضع وبينا أن مجرد تصديق القلب واللسان مع البغض والاستكبار لا يكون إيمانا - باتفاق المؤمنين - حتى يقترن بالتصديق عمل. وأصل العمل عمل القلب، وهو الحب والتعظيم المنافي للبغض والاستكبار، ثم قالوا: ولا يقبل قول وعمل إلا بنية، وهذا ظاهر، فإن القول والعمل إذا لم يكن خالصا لله تعالى لم يقبله الله تعالى، ثم

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