Lorsque deux personnes ou davantage se réunissent, il est inévitable qu’elles se concertent pour prescrire un ordre et proscrire une interdiction. C’est pourquoi le nombre minimal pour constituer une assemblée (jamâ‘ah) dans la prière est de deux, selon l’énoncé : « Deux personnes et plus forment une assemblée. » Or, cette participation ne concerne que l’accomplissement même de la prière ; dès qu’ils sont deux, l’un tient le rôle d’imâm et l’autre celui de ma’mûm, conformément à la parole du Prophète – que les prières et le salut d’Allah soient sur lui – adressée à Mâlik b. al-Huwayrith et à son compagnon : « Lorsque l’heure de la prière arrive, appelez l’adhân puis l’iqâmah, et que le plus âgé d’entre vous dirige la prière. » Tous deux étaient, en effet, d’un niveau similaire dans la récitation du Coran.
Quant aux affaires usuelles, il est rapporté dans les Sunan qu’il – paix et salut sur lui – a dit : « Il n’est pas licite à trois personnes effectuant un voyage de ne pas désigner l’un d’entre eux comme leur chef. »
L’ordonnancement (amr) et l’interdiction (nahy) étant inhérents à l’existence des fils d’Âdam, quiconque ne prescrit pas le bien (ma‘rûf) qu’Allah et Son Messager ont prescrit, et ne proscrit pas le mal (munkar) qu’Allah et Son Messager ont proscrit – et n’accepte pas, de la même manière, qu’on lui ordonne ce bien et qu’on le détourne de ce mal – se verra tout de même inéluctablement commander et interdire, et être commandé et interdit ; cela se fera soit dans ce qui contredit la révélation, soit dans ce qui mêle la vérité qu’Allah a révélée à l’erreur qu’Il n’a point révélée. S’il érige une telle attitude en religion, il s’agira d’une religion innovée (bid‘iyyah).
De même, tout être humain, animé par sa volonté, est ambitieux et actif ; si son intention n’est pas saine et son acte une œuvre vertueuse accomplie pour la Face d’Allah, l’acte sera alors corrompu, ou accompli pour une autre finalité qu’Allah – et cela n’est que vanité –, comme l’a dit le Très-Haut : « Vos efforts sont certes divergents » (s. al-Layl, v. 4).
Toutes ces œuvres sont nulles, à l’instar des actes des mécréants : « Ceux qui ont mécru et détourné [les gens] du sentier d’Allah, Il a rendu vaines leurs actions » (s. Muḥammad, v. 1). Et Il – exalté soit-Il – dit encore : « Quant à ceux qui ont mécru, leurs œuvres sont comme un mirage dans une plaine ; l’assoiffé le prend pour de l’eau, mais lorsqu’il y arrive, il ne trouve rien et trouve [alors] Allah auprès de lui ; Il lui règle alors son compte, et Allah est prompt dans le règlement des comptes » (s. an-Nûr, v. 39).