et la voix qui engendre la panique.
Quant à la voix qui éveille la colère pour Allah, telle que celles qui sont récitées dans le jihad sous forme de poèmes déclamés, celles-ci ne s’accompagnaient d’aucun instrument. Il en est de même des voix suscitant le désir dans l’allégresse ; la Sunnah n’a accordé de dispense, à cet égard, que pour le frappement du duff lors des noces et des réjouissances, réservé aux femmes et aux enfants.
La plupart des poèmes que l’on déclame à voix haute pour émouvoir les âmes relèvent de l’un de ces quatre types : 1) les poèmes d’amour (tachbîb) ; 2) les poèmes de colère et de ferveur tribale, c’est-à-dire les poèmes d’ardeur guerrière et les satires ; 3) les poèmes consacrés aux calamités, comme les élégies ; 4) les poèmes des bienfaits et de la joie, à savoir les panégyriques.
Les poètes ont, pour habitude, de suivre leur penchant naturel, comme Allah – glorifié soit Sa majesté – dit :
« Ne vois-tu pas qu’ils errent dans toute vallée, et qu’ils disent ce qu’ils ne font pas ? »
(Sourate ash-Shuʿarâʾ, versets 225-226)
C’est pourquoi Il a informé que les dévoyés les suivent. Le dévoyé (al-ghâwî) est celui qui suit sa passion sans science ; tel est le ghayy, à l’opposé de la rectitude (rushd), tout comme l’égaré (ad-dâll), qui ignore son propre intérêt, s’oppose au bien-guidé (al-muhtadî). Allah – exalté soit-Il – a dit :
« Par l’étoile quand elle se couche ! Votre compagnon ne s’est pas égaré et n’a pas dévié. »
(Sourate an-Najm, versets 1-2)
C’est pour cela que le Prophète ﷺ a dit : « Tenez-vous à ma Sunnah et à la Sunnah des califes bien guidés, à la direction droite, après moi. »
Ainsi les poètes louent, de façon générale, la bravoure et la largesse, car l’absence de ces deux qualités est blâmable en tout temps ; quant à leur présence, elle permet aux âmes de réaliser leurs objectifs d’une manière absolue. Toutefois, l’issue finale, en cela, appartient aux pieux, tandis que