du corps et sur son aptitude au combat, ainsi que sur la vigueur du cœur et la maîtrise qu’il en a. Ce qui est louable, dans l’un comme dans l’autre, est ce qui procède de la science et de la connaissance, à l’exclusion de la témérité de celui qui ne réfléchit pas et ne distingue pas entre ce qui est approuvé et ce qui est blâmable. C’est pourquoi le véritablement fort, le puissant, est celui qui se maîtrise lorsqu’il se met en colère, afin d’accomplir ce qui convient ; quant à celui qui est dominé par sa colère, il n’est ni courageux ni robuste.
[La patience face aux calamités]
Il a déjà été établi que la clé de tout cela est la patience ; elle est indispensable.
Or la patience est de deux sortes : la patience lors de la colère et la patience face à l’épreuve.
Al-Ḥasan a dit : « Jamais un serviteur n’a avalé gorgée plus grande qu’une gorgée de longanimité au moment de la colère, et qu’une gorgée de patience lors de l’épreuve. » En effet, le fondement de tout cela est la patience devant la douleur ; voilà le vrai brave, le véritablement puissant, celui qui supporte la souffrance.
Ce qui fait souffrir, lorsqu’il est possible de le repousser, suscite la colère ; et lorsqu’il est impossible de le repousser, il suscite la tristesse. C’est pourquoi le visage rougit dans la colère, à cause de l’afflux de sang qui accompagne le sentiment de capacité, et il jaunit dans la tristesse, à cause du retrait du sang qui accompagne le sentiment d’impuissance. Pour cette raison, le Prophète — paix et salut sur lui — a réuni ces deux états dans le hadith authentique rapporté par Muslim, d’après Ibn Masʿûd :
Le Prophète — paix et salut sur lui — dit :
« Qu’appelez-vous al-raqûb parmi vous ? — Ils répondirent : C’est celui à qui aucun enfant n’est né. — Il dit : Ce n’est pas cela le raqûb ! Le raqûb est l’homme qui n’a fait précéder aucun de ses enfants (c’est-à-dire qu’aucun n’est mort avant lui). Puis il dit : Qu’appelez-vous al-ṣurʿah parmi vous ? — Nous dîmes : Celui que les hommes ne parviennent pas à terrasser. — Il répondit : Ce n’est pas cela le ṣurʿah ; le ṣurʿah est celui qui maîtrise son âme au moment de la colère. »
Ainsi, il a mentionné ce qui implique la patience face à l’épreuve.