lorsque des Bédouins le pressèrent de questions au point de le refouler contre un arbre samurah, où son manteau se prit. Il se tourna alors vers eux et déclara :
« Par Celui qui tient mon âme dans Sa main ! Si je possédais un troupeau équivalent au nombre de ces arbres, je le répartirais entre vous ; et jamais vous ne me trouveriez avare, lâche ni menteur. »
Toutefois, cela varie selon les intentions et les dispositions, car les œuvres n’ont de valeur qu’à l’aune des intentions, et chaque homme n’obtient que ce qu’il a voulu.
C’est pourquoi le Livre et la Sunna blâment l’avarice et la lâcheté, et louent le courage et la générosité dans la voie d’Allah — et non hors de celle-ci. Le Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — a dit :
« Le pire que recèle l’homme est une avarice vorace et une lâcheté paralysante. »
Il dit encore :
« Qui est votre chef, ô Banû Salamah ? »
— « Al-Jadd ibn Qays, répondirent-ils, mais nous le soupçonnons d’avarice. »
Il répliqua : « Quelle maladie est plus pernicieuse que l’avarice ? »
Dans une autre version :
« Un chef ne saurait être avare ; votre chef est plutôt le clair de peau, aux cheveux frisés, al-Barâ’ ibn Ma‘rûr. »
Il est rapporté, authentiquement encore, que Jâbir ibn ‘Abd Allâh dit à Abû Bakr as-Siddîq — qu’Allah les agrée : « Donne-le moi, ou bien refuse-moi ! » Abû Bakr répondit : « Tu dis : “ou bien refuse-moi !” ? Quelle maladie est plus pernicieuse que l’avarice ? » Il considérait donc l’avarice comme l’une des plus graves infirmités.
Dans le Sahîh de Muslim, on lit d’après Salmân ibn Rabî‘ah : ‘Umar — qu’Allah l’agrée — rapporta : « Le Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — avait distribué un butin. Je lui dis : “Ô Messager d’Allah ! Par Allah, d’autres y ont plus droit qu’eux !” Il répondit :
« Ils m’ont placé devant l’alternative suivante : soit ils me sollicitent avec grossièreté, soit ils me taxent d’avarice, et je ne suis pas avare. »
Autrement dit, ils me demandent d’une manière inconvenante : si je leur donne, c’est bien ; sinon, ils disent : « Il est avare. » Ainsi m’ont-ils contraint à choisir entre deux choses détestables, sans jamais me laisser en paix.