Allah — Exalté soit-Il — a déclaré que tous les hommes sont en perdition, à l’exception de celui qui, en lui-même, est croyant et vertueux, et qui, envers les autres, se recommande mutuellement la vérité et se recommande mutuellement la patience. Lorsque l’épreuve s’amplifie, elle devient pour le croyant vertueux une cause d’élévation en degrés et de rétribution immense.
On demanda ainsi au Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — :
« Quels sont les gens les plus durement éprouvés ? »
Il répondit :
« Les Prophètes, puis les vertueux, puis ceux qui leur ressemblent le plus, degré après degré. L’homme est éprouvé à la mesure de sa religion : s’il possède dans sa religion de la fermeté, son épreuve est accrue ; et s’il y trouve de la faiblesse, on en allège la charge. L’épreuve ne cesse de s’abattre sur le croyant jusqu’à ce qu’il marche sur la surface de la terre sans qu’il lui reste le moindre péché. »
Il lui faut alors une patience dont d’autres n’ont pas besoin, et c’est là la cause de l’imâma dans la religion, comme le Très-Haut a dit :
« Et Nous avons fait d’eux des imâms qui guidaient par Notre ordre lorsqu’ils eurent patienté et qu’ils étaient convaincus de Nos signes. »
(Sourate as-Sajda, verset 24)
Il est donc indispensable de patienter pour accomplir l’œuvre bonne ordonnée et pour délaisser l’acte blâmable interdit. Cela comprend la patience face au tort et aux paroles que l’on subit, la patience devant les épreuves qui atteignent l’homme, la patience pour se préserver de l’exultation orgueilleuse lors des bienfaits, et bien d’autres formes encore de patience.
Le serviteur ne saurait patienter s’il ne possède pas ce qui rassure son cœur, l’apaise et nourrit son âme : la certitude (al-yaqîn). C’est ce qu’indique le ḥadith rapporté par Abou Bakr aṣ-Ṣiddîq — qu’Allah l’agrée — d’après le Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui —, lequel dit :
« Ô gens, demandez à Allah la certitude et la santé, car nul n’a reçu, après la certitude, un bien meilleur que la santé ; demandez-les donc à Allah. »