Telle est, dans la plupart des cas, la situation des injustes lorsqu’ils détiennent le pouvoir.
Or, le même phénomène que l’on observe dans le blâmable se retrouve, avec plus de force encore, dans le convenable, comme le Très-Haut a dit :
« Quant à ceux qui ont cru, ils aiment Allah d’un amour plus ardent. »
(Sourate al-Baqara, verset 165)
En effet, l’appel au bien est plus puissant : l’être humain porte en lui un appel qui l’exhorte à la foi et à la science, à la véracité, à la justice et à l’acquittement du dépôt. Lorsqu’il voit quelqu’un agir de la sorte, un second appel se réveille en lui — surtout si cet autre est son semblable, et plus encore lorsqu’il y a émulation ; cela est louable et digne d’éloge. S’il trouve parmi les croyants vertueux des personnes qui apprécient qu’il leur ressemble et qu’il participe avec eux à ces œuvres, et qui le détestent s’il ne le fait pas, un troisième appel naît. Et lorsque ces mêmes personnes l’enjoignent d’agir ainsi, le soutiennent lorsqu’il s’y conforme, le prennent pour ennemi et le sanctionnent lorsqu’il s’en détourne, un quatrième appel apparaît.
C’est pourquoi il est ordonné aux croyants d’opposer aux mauvaises actions leur contraire parmi les bonnes, tout comme le médecin traite la maladie par son opposé. Il est ainsi prescrit au croyant de réformer sa propre personne de deux manières : en accomplissant les bonnes œuvres et en délaissant les mauvaises, tout en écartant ce qui annule les bonnes œuvres et entraîne les mauvaises. Cela fait donc quatre catégories. Il lui est également enjoint de réformer autrui au moyen de ces quatre catégories, selon sa capacité et ses moyens, comme l’a dit le Très-Haut :
« Par le Temps ! L’homme est certes en perdition, sauf ceux qui ont cru, accompli les œuvres vertueuses, se sont recommandés mutuellement la vérité et se sont recommandés mutuellement la patience. »
(Sourate al-ʿAsr, versets 1-3)
Il a été rapporté de l’imâm ash-Shâfiʿî — qu’Allah lui fasse miséricorde — qu’il a dit : « Si tous les hommes méditaient la sourate “Wal-ʿAsr”, elle leur suffirait. » Et il en est bien ainsi, car Allah