Par l’effet de tout cela, on voit l’un d’eux devenir leur allié ; or, à force de leurs répréhensions, ces censeurs peuvent retomber dans une condition plus abjecte que celle où ils étaient, ou revenir à un état moindre, voire semblable.
Il est, en revanche, des gens qui se dressent avec une religion saine : ils sont, en cela, sincères envers Allah, réformateurs dans leurs actes, et leur rectitude demeure tant qu’ils endurent le tort qu’on leur fait. Ceux-là sont ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres ; ils appartiennent à la meilleure communauté suscitée pour les hommes : ils ordonnent le bien, interdisent le mal et croient en Allah.
D’autres encore réunissent les deux caractéristiques ; ils constituent la plupart des croyants. Chez celui qui possède la religion tout en ayant des passions se rejoignent, dans son cœur, la volonté d’obéir et la volonté de désobéir ; parfois l’une l’emporte, parfois l’autre.
[Les catégories des âmes]
Cette triple division est, comme on l’a dit, la suivante : les âmes sont de trois sortes : incitatrice (ammârah), apaisée (mutmaʾinnah) et blâmeuse (lawwâmah).
• Les premiers sont les gens de l’âme incitatrice, qui ordonne le mal.
• Les seconds sont les gens de l’âme apaisée, au sujet de laquelle il a été révélé :
« Ô toi, âme apaisée ! Retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée ; entre donc parmi Mes serviteurs et entre dans Mon Paradis » (s. Al-Fajr, 27-30).
• Les derniers sont les gens de l’âme blâmeuse : elle commet la faute puis se blâme ; elle change d’état, tantôt ainsi, tantôt autrement, mêlant œuvre vertueuse et œuvre mauvaise.
C’est pourquoi, au temps d’Abou Bakr et ‘Umar – ceux que les musulmans furent enjoints de suivre, comme le Prophète, paix et bénédictions sur lui, l’a déclaré : « Prenez pour modèles ceux qui viendront après moi : Abou Bakr et ‘Umar » –, les gens étaient plus proches du temps de la Révélation et possédaient une foi et une rectitude plus grandes,