Al-Amr bi-l-Maʿrūf wa-n-Nahy ʿan al-MunkarIbn Taimiya

ou encore la consommation de vin, ou l’injustice commise dans les biens par trahison, vol ou usurpation, ou tout ce qui y ressemble.

Il est manifeste que ces désobéissances, bien qu’elles soient réprouvées par la raison et la religion, demeurent néanmoins convoitées. Or, il est dans la nature des âmes de ne pas aimer que d’autres s’en réservent l’exclusivité ; elles veulent plutôt obtenir pour elles ce que l’autre a obtenu. C’est là la ghîbṭah, le degré inférieur des deux formes de ḥasad : l’âme cherche à dominer autrui et à s’approprier le bienfait à son exclusion ; ou bien elle le jalouse et souhaite la disparition de la grâce qu’il possède, même si elle ne l’obtient pas pour elle-même. Elle recèle ainsi un désir de supériorité, de corruption, d’orgueil et d’envie qui exige que les jouissances lui soient exclusivement réservées ; que dire alors lorsqu’elle voit autrui les avoir bel et bien accaparées ? Celui qui demeure modéré est celui qui aime le partage et l’égalité, tandis que l’autre est injuste et envieux.

Ces deux attitudes se rencontrent aussi bien dans les choses licites que dans les choses interdites relevant du droit d’Allâh. Ainsi, pour tout ce qui est en soi permis – nourriture et boisson, mariage, vêtement, monture, biens matériels –, dès qu’apparaît une appropriation exclusive, surgissent l’injustice, l’avarice et l’envie, dont la racine est la cupidité (shuḥḥ).

Il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ que le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – a dit :

« Prenez garde à la cupidité ! Car elle a perdu ceux qui vous ont précédés : elle leur a ordonné l’avarice, ils furent avares ; elle leur a ordonné l’injustice, ils commirent l’injustice ; elle leur a ordonné la rupture des liens, et ils les ont rompus. »

C’est à ce propos qu’Allâh – Très-Haut – dit, décrivant les Anṣâr qui s’étaient installés dans la demeure et la foi avant les émigrés :

« … et ils ne ressentent dans leurs poitrines aucune envie à l’égard de ce qui a été donné [aux émigrés]. »
(Sourate al-Ḥashr, verset 9)

Autrement dit : ils ne laissent point la jalousie les gagner au sujet des bienfaits accordés à leurs frères.

أو شرب خمر، أو ظلم في المال بخيانة أو سرقة أو غصب، أو نحو ذلك. ومعلوم أن هذه المعاصي وإن كانت مستقبحة مذمومة في العقل والدين فهي مشتهاة أيضا، ومن شأن النفوس أنها لا تحب اختصاص غيرها بها، لكن تريد أن يحصل لها ما حصل له، وهذا هو الغبطة التي هي أدنى نوعي الحسد، فهي تريد الاستعلاء على الغير والاستئثار دونه، أو تحسده وتتمنى زوال النعمة عنه وإن لم يحصل، ففيها من إرادة العلو والفساد والاستكبار والحسد ما مقتضاه أنها تختص عن غيرها بالشهوات؛ فكيف إذا رأت الغير قد استأثر عليها بذلك واختص بها دونها؟ فالمعتدل منهم في ذلك الذي يحب الاشتراك والتساوي، وأما الآخر فظلوم حسود. وهذان يقعان في الأمور المباحة والأمور المحرمة لحق الله، فما كان جنسه مباحا من أكل وشرب ونكاح ولباس وركوب وأموال: إذا وقع فيها الاختصاص حصل الظلم، والبخل والحسد، وأصلهما الشح، كما في الصحيح عن النبي صلى الله عليه وسلم أنه قال: «إياكم والشح! فإنه أهلك من كان قبلكم: أمرهم بالبخل فبخلوا، وأمرهم بالظلم فظلموا، وأمرهم بالقطيعة فقطعوا» ولهذا قال الله تعالى في وصف الأنصار الذين تبوأوا الدار والإيمان من قبل المهاجرين: {وَلَا يَجِدُونَ فِي صُدُورِهِمْ حَاجَةً مِمَّا أُوتُوا} [الحشر: ٩] (سورة الحشر: من الآية ٩) . أي: لا يجدون الحسد مما أوتي إخوانهم

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