Dans ces circonstances – et cela est conforme au propos rapporté de certains Anciens, qu’ils ont transmis en remontant jusqu’au Prophète –, propos cité par le Qâḍî Abû Ya‘la dans Al-Muʿtamid :
« N’ordonne le bien et ne réprouve le mal que celui qui possède la compréhension juridique de ce qu’il ordonne, la compréhension juridique de ce qu’il réprouve, la douceur dans ce qu’il ordonne, la douceur dans ce qu’il réprouve ; la longanimité dans ce qu’il ordonne, la longanimité dans ce qu’il réprouve. »
Qu’il soit donc su que se conformer à ces qualités dans l’injonction au bien et la réprobation du mal constitue une difficulté pour nombre d’âmes : elles s’imaginent alors que l’obligation s’en trouve levée et l’abandonnent. Or cet abandon leur nuit davantage – ou, tout au moins, pas moins – que l’exercice de cette injonction dépourvue de ces qualités. Délaisser un devoir est en effet une désobéissance ; celui qui passe d’une désobéissance à une autre, plus grave, ressemble à qui cherche refuge de la fournaise ardente dans le feu. Passer d’un péché à un autre, c’est comme changer d’une religion fausse à une autre tout aussi fausse ; la seconde peut être plus mauvaise, moins mauvaise ou équivalente. Ainsi verras-tu que, parmi celui qui néglige l’injonction et celui qui y dépasse les limites, le péché de l’un peut être plus grave, celui de l’autre peut l’être, ou les deux peuvent se valoir.
[Les désobéissances : cause des épreuves]
Il est manifeste – par les signes qu’Allâh nous fait voir dans les horizons et en nous-mêmes, et par le témoignage qu’Il porte dans Son Livre – que les désobéissances sont la cause des calamités ; les malheurs et les rétributions procèdent des mauvaises actions, tandis que l’obéissance est la cause de la grâce : la bienfaisance dans l’œuvre attire la bienfaisance d’Allâh. Le Très-Haut a dit :
« Et tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis ; et Il pardonne beaucoup. »
(Sourate ash-Shûrâ, verset 30)
Et Il a dit :