Al-Amr bi-l-Maʿrūf wa-n-Nahy ʿan al-MunkarIbn Taimiya

Dans ces circonstances – et cela est conforme au propos rapporté de certains Anciens, qu’ils ont transmis en remontant jusqu’au Prophète –, propos cité par le Qâḍî Abû Ya‘la dans Al-Muʿtamid :

« N’ordonne le bien et ne réprouve le mal que celui qui possède la compréhension juridique de ce qu’il ordonne, la compréhension juridique de ce qu’il réprouve, la douceur dans ce qu’il ordonne, la douceur dans ce qu’il réprouve ; la longanimité dans ce qu’il ordonne, la longanimité dans ce qu’il réprouve. »

Qu’il soit donc su que se conformer à ces qualités dans l’injonction au bien et la réprobation du mal constitue une difficulté pour nombre d’âmes : elles s’imaginent alors que l’obligation s’en trouve levée et l’abandonnent. Or cet abandon leur nuit davantage – ou, tout au moins, pas moins – que l’exercice de cette injonction dépourvue de ces qualités. Délaisser un devoir est en effet une désobéissance ; celui qui passe d’une désobéissance à une autre, plus grave, ressemble à qui cherche refuge de la fournaise ardente dans le feu. Passer d’un péché à un autre, c’est comme changer d’une religion fausse à une autre tout aussi fausse ; la seconde peut être plus mauvaise, moins mauvaise ou équivalente. Ainsi verras-tu que, parmi celui qui néglige l’injonction et celui qui y dépasse les limites, le péché de l’un peut être plus grave, celui de l’autre peut l’être, ou les deux peuvent se valoir.

[Les désobéissances : cause des épreuves]

Il est manifeste – par les signes qu’Allâh nous fait voir dans les horizons et en nous-mêmes, et par le témoignage qu’Il porte dans Son Livre – que les désobéissances sont la cause des calamités ; les malheurs et les rétributions procèdent des mauvaises actions, tandis que l’obéissance est la cause de la grâce : la bienfaisance dans l’œuvre attire la bienfaisance d’Allâh. Le Très-Haut a dit :

« Et tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis ; et Il pardonne beaucoup. »
(Sourate ash-Shûrâ, verset 30)

Et Il a dit :

في هذه الأحوال؛ وهذا كما جاء في الأثر عن بعض السلف ورووه مرفوعا، ذكره القاضي أبو يعلى في المعتمد: " لا يأمر بالمعروف وينهى عن المنكر إلا من كان فقيها فيما يأمر به، فقيها فيما ينهى عنه، رفيقا فيما يأمر به، رفيقا فيما ينهى عنه؛ حليما فيما يأمر به، حليما فيما ينهى عنه " . وليعلم أن الأمر بهذه الخصال في الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر مما يوجب صعوبة على كثير من النفوس، فيظن أنه بذلك يسقط عنه، فيدعه، وذلك مما يضره أكثر مما يضره الأمر بدون هذه الخصال أو أقل؛ فإن ترك الأمر الواجب معصية، فالمنتقل من معصية إلى معصية أكبر منها كالمستجير من الرمضاء بالنار، والمنتقل من معصية إلى معصية كالمنتقل من دين باطل إلى دين باطل، وقد يكون الثاني شرا من الأول، وقد يكون دونه، وقد يكونان سواء، فهكذا تجد المقصر في الأمر والنهي والمعتدي فيه قد يكون ذنب هذا أعظم، وقد يكون ذنب هذا أعظم، وقد يكونان سواء. [المعاصي سبب المصائب] ومن المعلوم بما أرانا الله من آياته في الآفاق وفي أنفسنا وبما شهد به في كتابه: أن المعاصي سبب المصائب، فسيئات المصائب والجزاء من سيئات الأعمال، وأن الطاعة سبب النعمة، فإحسان العمل سبب لإحسان الله، قال تعالى: {وَمَا أَصَابَكُمْ مِنْ مُصِيبَةٍ فَبِمَا كَسَبَتْ أَيْدِيكُمْ وَيَعْفُو عَنْ كَثِيرٍ} [الشورى: ٣٠] (سورة الشورى: آية ٣٠) . وقال تعالى:

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