Et tout « Hammâm » – celui qui projette – possède donc une œuvre et une intention ; toutefois, l’intention louable qu’Allâh accepte et pour laquelle Il accorde Sa récompense consiste à rechercher par cette action la Face d’Allâh. Quant à l’œuvre louable et vertueuse, c’est celle qu’Il a prescrite. C’est pourquoi ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allâh l’agrée – disait dans son invocation : « Ô Allâh, fais que toute mon action soit vertueuse, rends-la exclusivement dédiée à Ton Visage, et ne laisse à personne d’autre la moindre part en elle. »
Si telle est la mesure de toute œuvre vertueuse, celui qui ordonne le bien et interdit le mal doit, à l’égard de lui-même, se conformer à cette règle ; son action ne saurait être vertueuse si elle n’est pas fondée sur la science et la compréhension. ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz a dit en effet : « Quiconque adore Allâh sans science corrompt davantage qu’il ne répare. » Et il est rapporté, dans le hadith de Muʿâdh ibn Jabal – qu’Allâh l’agrée : « La science est l’imam de l’action, et l’action lui emboîte le pas. » Cela est manifeste : l’intention et l’acte, dépourvus de science, ne sont qu’ignorance, égarement et suivisme des passions, ainsi qu’il a été exposé. Telle est la différence entre les gens de la Jâhiliyyah et les gens de l’Islam. Il est donc indispensable de connaître le bien et le mal et de les distinguer l’un de l’autre, et indispensable encore de connaître l’état de la personne à qui l’on commande ou que l’on interdit. Relever du bien consiste à user, dans l’ordre et l’interdiction, du Sirât al-Mustaqîm, la voie la plus directe pour atteindre l’objectif.
À cela s’ajoute la nécessité de la douceur, selon la parole du Prophète – paix et salut d’Allâh sur lui : « La douceur n’est jamais présente dans une chose sans l’embellir, et la rudesse n’est jamais présente dans une chose sans la défigurer. » Il a encore dit : « Allâh est Doux et Il aime la douceur dans toute affaire ; Il accorde pour la douceur ce qu’Il n’accorde pas pour la rudesse. »
Il faut également que celui-ci soit longanime et patient face au tort, car il est inévitable que