qu’une diminution de la foi.
Quant à l’action des membres, elle est fonction de la capacité. Or, lorsque la volonté du cœur et son aversion sont parfaites et que l’acte du serviteur les accompagne selon sa possibilité, il reçoit la rétribution de l’auteur accompli – comme nous l’avons exposé ailleurs. Il est, en effet, des gens dont l’amour, la haine, la volonté et l’aversion dépendent de l’amour qu’ils ont d’eux-mêmes ou de la haine qu’ils éprouvent pour eux-mêmes, et non de l’amour d’Allâh et de Son Messager ni de leur aversion ; cela relève du caprice (hawâ). Quiconque s’y soumet ne fait que suivre sa passion :
« Et qui est plus égaré que celui qui suit sa passion sans guidance d’Allâh ? » (Sourate al-Qasas, verset 50).
En vérité, la racine du caprice est l’amour de soi, auquel se rattache la haine qui en découle. Le caprice en soi – cet amour et cette haine intérieurs – n’est pas blâmable, car on ne le maîtrise pas toujours ; ce qui est répréhensible, c’est d’y obéir, comme Allâh, exalté soit-Il, a dit :
« Ô Dâwûd ! Nous t’avons certes établi lieutenant (khalîfa) sur la terre ; juge donc les gens selon la vérité et ne suis pas la passion, car elle t’égarerait du sentier d’Allâh. » (Sourate Ṣâd, verset 26),
et Il dit encore :
« Et qui est plus égaré que celui qui suit sa passion sans guidance d’Allâh ? » (Sourate al-Qasas, verset 50).
Le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue – a dit :
« Trois choses sont salvatrices : la crainte d’Allâh en secret comme en public, la modération dans la pauvreté comme dans l’aisance, et la parole de vérité dans la colère comme dans la satisfaction ;
Et trois choses mènent à la perdition : une avarice obéie, une passion suivie, et l’admiration de l’homme pour lui-même. »
L’amour et la haine s’accompagnent, lorsqu’apparaissent l’aimé ou le détesté, d’une saveur intérieure, d’un état de conscience, d’une volonté et d’autres sentiments. Celui qui s’y soumet sans commandement d’Allâh et de Son Messager fait donc partie de ceux qui suivent leur passion.