Quant au hadith qui rapporte : « Je Te demande par le droit (ḥaqq) de ceux qui Te sollicitent », il n’est pas authentique. Sa chaîne de transmission contient ʿAṭiyya al-ʿAwfî, narrateur unanimement déclaré faible, comme l’ont souligné plusieurs spécialistes du hadith. Un tel récit ne peut donc servir de preuve dans une question aussi capitale de la doctrine. Par ailleurs, il ne comporte pas de tawassul fondé sur le droit d’une personne déterminée ; il évoque plutôt le tawassul par le droit général des implorants, c’est-à-dire le droit qu’ils ont à l’exaucement selon la promesse qu’Allah leur a faite. Ce droit, Il Se l’est prescrit à Lui-même ; nul ne Le lui a imposé. Il s’agit donc d’un tawassul par Sa promesse véridique, non par le droit d’une créature.
(c) Statut de la demande d’assistance (istiʿâna) et de l’imploration de secours (istighâtha) auprès d’une créature.
– Istiʿâna : solliciter aide et appui dans une affaire.
– Istighâtha : solliciter un secours, c’est-à-dire la levée d’une détresse.
La demande d’assistance ou de secours adressée à une créature se divise en deux catégories.
- S’adresser à une créature pour ce qui se trouve dans le champ de ses capacités ; cela est permis. Allah – exalté soit-Il – dit : « Entraidez-vous dans la bienfaisance et la piété » (s. 5, v. 2), et Il dit encore : « L’homme de son clan le sollicita alors pour se défendre contre son ennemi » (s. 28, v. 15).