[Chapitre XI : Le serment par autre qu’Allah, le tawassul et l’istighâtha auprès d’une créature]
Exposé du statut juridique du serment par autre qu’Allah, du tawassul et de l’istighâtha auprès d’une créature
a) Le serment par autre qu’Allah
Le serment (ḥalaf) – ou yamîn – consiste à confirmer un propos en mentionnant, de façon particulière, un être tenu pour vénérable. Or la vénération est un droit exclusif d’Allah, exalté soit-Il ; il n’est donc pas permis de jurer par autre que Lui. Les savants sont unanimes : on ne prête serment que par Allah, par Ses Noms ou par Ses Attributs, et ils se sont accordés à interdire tout serment prêté par autre que Lui (1).
Jurer par autre qu’Allah relève du shirk (polythéisme), comme l’atteste le hadith rapporté par Ibn ʿUmar – qu’Allah les agrée tous deux –, selon lequel le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Celui qui jure par autre qu’Allah a certes mécru ou a commis un acte de shirk. » (2) Il s’agit ici d’un polythéisme mineur, sauf lorsque l’objet invoqué est porté par le serment à un degré d’adoration ; dans ce cas, c’est un polythéisme majeur.
C’est précisément ce que l’on observe aujourd’hui chez les adorateurs de tombes : ils craignent et magnifient certains occupants de ces sépultures plus qu’ils ne craignent et ne vénèrent Allah, au point que, si l’on demande à l’un d’eux de jurer