Cela dépend donc de la situation du juge. S’il considère que statuer selon ce qu’Allah a révélé n’est pas obligatoire, qu’il est libre de s’y conformer ou non ; s’il tourne en dérision le jugement d’Allah et pense que d’autres lois et systèmes élaborés par les hommes sont meilleurs, qu’ils conviennent mieux à notre époque, ou encore s’il vise, par le fait de juger autrement que d’après la révélation, à complaire aux mécréants et aux hypocrites, il commet alors un kufr majeur.
En revanche, s’il reconnaît l’obligation de juger selon ce qu’Allah a révélé, qu’il connaît le verdict applicable à l’affaire en question mais s’en écarte tout en admettant mériter la punition, il devient pécheur ; on le qualifie alors de mécréant par un kufr mineur.
S’il ignore le jugement d’Allah dans cette affaire, après avoir néanmoins déployé tous ses efforts pour l’apprendre et qu’il se trompe, il s’agit d’une erreur : il sera récompensé pour son ijtihâd (effort d’interprétation) et son erreur lui sera pardonnée (1).
Tout ce qui précède concerne une affaire particulière. Quant au jugement relatif aux questions d’ordre général, la situation est différente. Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya a dit (2) : « Si le juge, bien que pieux, rend un arrêt sans science, il fera partie des gens du Feu. S’il possède la science mais statue à l’encontre de la vérité qu’il connaît, il sera également parmi les gens du Feu. Et s’il juge sans équité ni science, il est à plus forte raison… »