Ils se moquèrent donc du Messager — paix et bénédictions sur lui — lorsqu’il les mit en garde contre le shirk (l’association). Les polythéistes n’ont jamais cessé de dénigrer les prophètes : ils les taxent d’ignorance, d’égarement ou de folie dès qu’ils les appellent au tawḥîd (l’unicité). Cela provient de la vénération du shirk qui habite leurs cœurs. Il en va de même de quiconque leur ressemble : s’il voit quelqu’un prêcher l’unicité, il tourne cet appel en dérision à cause du polythéisme qu’il porte en lui.
Allah, Très-Haut, dit : « Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d’Allah, des égaux qu’ils aiment comme on aime Allah. » (al-Baqara 2 : 165)
Quiconque aime une créature à l’égal de l’amour qu’il doit à Allah est donc un polythéiste. Il convient de distinguer entre l’amour « pour Allah » (ḥubb fî-llâh) et l’amour « avec Allah » (ḥubb maʿa-llâh). Quant à ceux qui ont érigé les tombes en idoles, on les voit railler tout ce qui relève du tawḥîd et de l’adoration d’Allah, tandis qu’ils exaltent les intercesseurs qu’ils se sont choisis en dehors de Lui. L’un d’eux prêtera sans scrupule un faux serment des plus graves mais n’oserait jamais jurer mensongèrement par son shaykh. Et dans bien des groupes, on rencontre des gens qui estiment que solliciter l’aide du shaykh — auprès de sa tombe ou ailleurs — leur est plus profitable que d’invoquer Allah dans la mosquée à l’heure du saḥar (la fin de la nuit).