ou encore se frappent eux-mêmes avec une arme, ou se couchent sous les roues d’une voiture sans que rien ne les atteigne, et autres tours d’illusion qui, en vérité, relèvent de la sorcellerie — œuvre de Satan — qu’il fait accomplir par ces gens pour mettre les hommes à l’épreuve. Parfois même, il ne s’agit que d’effets visuels sans réalité, de pures manipulations légères qu’ils pratiquent sous les yeux du public, à l’instar des magiciens de Pharaon avec leurs cordes et leurs bâtons.
Shaykh al-Islâm, relatant sa controverse avec les sorciers de la ṭâʾifa al-Baṭâʾihiyya al-Ahmadiyya (al-Rifâʿiyya), rapporte : « Le maître des Baṭâʾihiyya — dit-il — éleva la voix et déclara : “Nous possédons des états spirituels, ceci, cela…” Il revendiqua des états prodigieux, tels que l’épreuve du feu, prétendant qu’ils leur étaient propres et qu’en raison de ces “états” ils méritaient que l’on se soumette à eux.
Je répliquai alors — poursuit Shaykh al-Islâm — en haussant le ton, courroucé : “J’interpelle tout Ahmadi d’Orient comme d’Occident : quoi que vous fassiez avec le feu, je le ferai de même ; que celui qui se brûle soit déclaré vaincu — j’ai même ajouté : qu’il soit maudit par Allah — mais à condition que nos corps soient d’abord lavés au vinaigre et à l’eau chaude.” Les émirs et la foule m’en demandèrent la raison ; je répondis : “Parce qu’ils usent, pour soutenir le contact du feu, de stratagèmes préparés avec, entre autres, de la graisse de grenouille, du bigaradier et de la pierre de talc.” À ces mots, l’assistance éclata en clameurs.