à la fin de l’époque des califes bien guidés, comme l’avait annoncé le Prophète ﷺ lorsqu’il déclara : « Celui d’entre vous qui vivra longtemps après moi constatera de grandes divergences ; tenez-vous donc fermement à ma sunna et à la sunna des califes bien guidés, dûment orientés. » (1)
La première bidʿa (innovation) qui fit son apparition fut celle des Qadariyya – la négation du décret divin –, puis celle des Murji’a, ainsi que l’innovation du tashayyuʿ (chiisme) et celle des Khawârij (kharidjites). Lorsque la dissension éclata après l’assassinat de ʿUthmân, se manifesta la bidʿa des Ḥarûrites. Vers la fin de la génération des Compagnons, l’hérésie qadariyya se développa de nouveau, précisément durant les dernières années d’Ibn ʿUmar, d’Ibn ʿAbbâs, de Jâbir et d’autres Compagnons, et les Murji’a surgirent à peu près à la même période.
Quant aux Jahmiyya, ils apparurent à la fin de la génération des Tâbiʿîn, après la mort de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz – lequel, dit-on, avait déjà mis les gens en garde contre eux. Jahm fit son apparition au Khurâsân sous le califat de Hishâm ibn ʿAbd al-Malik.
Toutes ces innovations se manifestèrent au deuxième siècle de l’Hégire, alors que certains Compagnons vivaient encore et les réprouvèrent avec force. Par la suite, la bidʿa de l’Iʿtizâl (Muʿtazilisme) se répandit ; des troubles éclatèrent entre musulmans, les opinions divergèrent, et l’on se mit à pencher vers les passions et les nouveautés. Apparurent alors la bidʿa du taṣawwuf (soufisme) et celle qui consiste à édifier des constructions au-dessus des tombes.