la religion est une innovation. Et toute innovation est un égarement rejeté ; cela signifie que les innovations touchant aux actes d’adoration comme aux croyances sont interdites, mais le degré d’interdiction varie selon la nature de l’innovation : certaines relèvent d’une mécréance manifeste, comme tourner autour des tombes pour se rapprocher de leurs occupants, leur offrir sacrifices et vœux, invoquer les défunts ou solliciter leur secours, ou encore les propos extrémistes des jâhmites et des muʿtazilites ; d’autres constituent des moyens menant au polythéisme, telles que construire des édifices sur les tombes, y prier ou y formuler des invocations ; d’autres encore correspondent à une déviance doctrinale, comme les innovations des kharijites, des qadarites et des murji’ites dont les paroles et les croyances contredisent les preuves scripturaires ; enfin, certaines ne représentent qu’un péché, telle l’innovation consistant à se vouer au célibat, à jeûner debout sous le soleil ou à se châtrer pour supprimer le désir charnel (1).