Il ﷺ n’agréait pas qu’on le loue par ces expressions : « Tu es notre seigneur », « Tu es le meilleur d’entre nous », « Tu es le plus vertueux », « Tu es le plus grand ». Pourtant, il est bel et bien le plus éminent et le plus noble de toute la création. Il leur interdit cependant ces formulations afin de les prémunir contre toute exagération et toute flatterie et pour sauvegarder l’unicité (tawḥîd). Il les orienta plutôt vers deux qualificatifs qui constituent le plus haut rang pour un serviteur, sans excès ni péril pour la croyance : « le serviteur d’Allah » et « Son messager ». Il ne voulait pas qu’on l’élève au-delà du degré qu’Allah lui a assigné et dont Il S’est satisfait pour lui.
Beaucoup, hélas, ont transgressé son interdiction : ils en sont venus à l’invoquer, à implorer son secours, à jurer par lui et à lui réclamer ce que l’on ne doit demander qu’à Allah – ainsi qu’on le voit lors des mawlid, dans certaines qasidas et anashid –, sans distinguer entre le droit d’Allah et celui du Messager.
L’imam Ibn al-Qayyim dit dans sa Nûniyya :
« À Allah revient un droit qui n’appartient qu’à Lui,
Et à Son serviteur revient un droit : ce sont deux droits distincts.
Ne fondez pas ces deux droits en un seul
Sans distinction ni rapprochement. »