ʿUrwah ibn Masʿûd dit alors aux Quraysh : « Ô mon peuple, par Allah ! J’ai été reçu par Kisrâ, Qaysar (César) et bien d’autres rois, mais jamais je n’ai vu un souverain que ses compagnons honorent autant que les compagnons de Muhammad honorent Muhammad ﷺ. Par Allah ! Par vénération pour lui, ils n’osent pas soutenir son regard ; il ne crache pas sans que sa salive tombe dans la paume de l’un d’eux, lequel s’en frotte ensuite le visage et la poitrine ; et lorsqu’il accomplit ses ablutions, ils manquent de s’entre-tuer pour en recueillir l’eau. » Fin de citation (1).
2 – Interdiction de l’excès (ghulû) et de la flatterie outrancière (iṭrâʾ) dans son éloge.
Le ghulû consiste à dépasser la mesure : on dit ghalâ ghulûwan lorsqu’on outrepasse la limite. Allah – qu’Il soit exalté – dit : « Ne dépassez pas les limites dans votre religion » (an-Nisâʾ, 171), c’est-à-dire : ne franchissez pas la mesure.
Quant à l’iṭrâʾ, il s’agit de dépasser la mesure dans la louange et d’y mêler le mensonge.
Appliqué au Prophète ﷺ, le ghulû consiste à élever son rang au-delà de la servitude et de la mission prophétique pour lui attribuer quelque prérogative divine : on l’invoquerait au lieu d’Allah, on implorerait son secours, ou l’on prêterait serment par lui.