Hâshim assura après son père la charge de l’abreuvement (as-siqâya) et de l’approvisionnement (ar-rifâda) (1). De plus, c’est à lui et à son frère al-Muttalib que revint la parenté proche. Ils ne formèrent qu’un seul groupe aussi bien à l’époque préislamique qu’en Islam, et ne se séparèrent jamais. Ils entrèrent ensemble dans le ravin (ash-shi‘b), tandis que les Banû ‘Abd Shams et Nawfal se désolidarisèrent d’eux. À ce propos, Abû Tâlib dit dans son poème (2) :
[Sur le mètre at-tawîl]
« Puisse Dieu infliger à ‘Abd Shams et Nawfal,…
…un châtiment rapide et non différé, pour leur mal. »
On ne connaît pas d’exemple de frères paternels qui se soient dispersés comme eux au moment de leur décès : Hâshim mourut à Gaza en pays syrien, ‘Abd Shams mourut à la Mecque, Nawfal mourut à Basalamân (3) en terre d’Irak, et al-Muttalib – surnommé « la lune » pour sa beauté – mourut à Raymân, sur la route du Yémen. Tels sont ces quatre frères célèbres : Hâshim, ‘Abd Shams, Nawfal et al-Muttalib. Ils avaient un cinquième frère moins connu, Abû ‘Amr, dont le nom était ‘Abd (4). À l’origine, il s’appelait ‘Abd Qusayy, puis on l’appela ‘Abd ibn Qusayy ; il mourut (5) sans descendance. C’est en tout cas ce qu’affirment az-Zubayr ibn Bakkâr et d’autres.
Ils avaient aussi six sœurs : Tumâdir, Hayya, Rayta, Qilâba, Umm al-Aktham et Umm Sufyân. Tous étaient les enfants de ‘Abd Manâf (Manâf étant le nom d’une idole), dont le nom originel était al-Mughîra. Il s’était déjà illustré du vivant de son père et avait atteint les plus hauts rangs d’honneur. Il était le frère de ‘Abd ad-Dâr – l’aîné des enfants de leur père –, à qui celui-ci légua ses charges comme mentionné plus tôt, mais aussi de ‘Abd al-‘Uzzâ, de ‘Abd et de Barra, ainsi que de Takhmur. Leur mère à tous était Hubbâ bint Hulayl ibn Hubshiyya (6) ibn Salûl ibn Ka‘b ibn ‘Amr al-Khuzâ‘î. Son père fut le dernier roi des Khuzâ‘a ainsi que le dernier de ceux qui administrèrent la Maison (la Ka‘ba) parmi eux.
Ils sont tous les fils de Qusayy, dont le véritable nom était Zayd. Il fut surnommé Qusayy (« celui qui est éloigné ») parce que, alors qu’il était encore enfant, sa mère se remaria avec Rabî‘a ibn Harâm ibn ‘Udhra (7), qui l’emmena dans son pays. Une fois adulte, il revint à la Mecque, d’où ce surnom de Qusayy.