Ibn Hisham a dit (1) : « ‘Abd al-Muttalib est le frère de Asad, de Nadlha (2), d’Abi Sayfi, de Hayya, de Khalida, de Ruqayya, d’Ash-Shifâ’ et de Da‘ifah. Ils sont tous enfants de Hâshim, dont le nom était ‘Amr. On l’a surnommé “Hâshim” parce qu’il broyait le pain (tharîd) et le mélangeait avec la viande pour son peuple durant les années de disette, comme l’a exprimé Matrûd ibn Ka‘b al-Khuzâ‘î dans son poème. On rapporte aussi ce qu’a dit au père d’‘Abd Allâh, appelé al-Ziba‘râ :
[de al-kâmil]
« ‘Amr est celui qui a écrasé la tharîd pour les siens
alors que les hommes de La Mecque étaient affamés et décharnés ;
Les deux caravanes se sont tournées vers lui, l’une en hiver
et l’autre pendant l’été. » (3)
C’est ainsi qu’il fut le premier à instituer les deux voyages d’hiver et d’été, et il était l’aîné des fils de son père. Ibn Jarîr (4) rapporte qu’il fut le jumeau de son frère ‘Abd Shams : au moment de la naissance, la jambe de Hâshim aurait été collée à la tête de ‘Abd Shams et ne se serait libérée qu’après qu’un filet de sang se fut écoulé entre eux. Les gens y virent un présage (5) de guerres à venir entre leurs descendants, ce qui se réalisa lorsque les Banû l-‘Abbâs affrontèrent les Banû Umayya, fils de ‘Abd Shams, en l’an 132 (6) de l’hégire.
Le troisième frère, né de la même mère, était al-Muttalib, qui était le plus jeune fils de son père. Leur mère s’appelait ‘Âtika bint Murra (7) ibn Hilâl. Un quatrième frère, Naufal, était né d’une autre mère, Wâqidah bint ‘Amr al-Mâzaniyya. Après la mort de leur père, tous les fils héritèrent de la préséance et de l’autorité sur leur clan ; on les surnommait « les Protecteurs » (al-mujîrûn), car ils obtinrent pour leur tribu Quraysh la garantie de sécurité des rois des différentes contrées, afin que Quraysh puisse s’y rendre pour faire du commerce. Ainsi, Hâshim obtint un sauf-conduit auprès des rois du Shâm, des Byzantins et de Ghassân ; ‘Abd Shams en obtint un auprès du grand Négus, roi d’Éthiopie ; Naufal s’adressa aux souverains perses (les Kisrâ) ; et al-Muttalib obtint la protection des rois de Himyar.
À ce propos, le poète a dit :
[de al-kâmil]
« Ô toi qui déplaces ton campement
Ne pourrais-tu pas plutôt t’arrêter chez les Banû ‘Abd Manâf ? » (8)