«Votre compagnon, augmentez le nombre de chamelles jusqu’à ce que votre Seigneur soit satisfait. Et si le sort désigne les chamelles, sacrifiez-les à sa place, car votre Seigneur sera alors satisfait et votre compagnon sera sauvé.» Ils partirent donc jusqu’à ce qu’ils arrivèrent à La Mecque et, lorsqu’ils furent d’accord sur la question, ‘Abd al-Muṭṭalib se leva pour invoquer Dieu. On avança alors ‘Abd Allāh et dix chamelles, puis on procéda au tirage au sort, et la flèche tomba sur ‘Abd Allāh. Ils ajoutèrent dix autres chamelles et tirèrent de nouveau, mais la flèche tomba encore sur ‘Abd Allāh. Ils ajoutèrent dix autres chamelles et continuèrent de la sorte, ajoutant dix par dix, tandis que la flèche désignait toujours ‘Abd Allāh, jusqu’à ce que le nombre total de chamelles atteignît cent. Lors du nouveau tirage au sort, la flèche tomba enfin sur les chamelles. À ce moment, les Quraysh s’adressèrent à ‘Abd al-Muṭṭalib — qui se tenait devant Hubal priant Dieu — en disant : «C’est terminé. Ton Seigneur est désormais satisfait, ô ‘Abd al-Muṭṭalib.» On raconte qu’il leur répondit alors : «Non, pas avant que je ne procède encore trois fois au tirage au sort.» Ils le firent donc à trois reprises, et chaque fois la flèche désigna les chamelles. On les sacrifia ensuite, et on les laissa sur place, n’empêchant ni homme ni bête d’en profiter.
Ibn Hishām (1) rapporta : «On raconte aussi que même les bêtes sauvages (2) ne furent pas repoussées, et, selon un autre récit (3), lorsque le nombre de chamelles atteignit cent, la flèche tomba de nouveau sur ‘Abd Allāh. Ils en ajoutèrent donc cent autres pour atteindre deux cents, mais la flèche désigna encore ‘Abd Allāh. Ils en ajoutèrent cent de plus, parvenant à trois cents chamelles. Lors d’un nouveau tirage au sort, la flèche tomba finalement sur les chamelles, et ‘Abd al-Muṭṭalib les sacrifia. Cependant, le premier récit est le plus exact. Dieu sait mieux.»
Ibn Jarīr rapporte, d’après Yūnus ibn ‘Abd al-A‘lā, lui-même d’après Ibn Wahb, d’après Yūnus ibn Yazīd, d’après az-Zuhrī, d’après Qubayṣa ibn Dhu’ayb, qu’Ibn ‘Abbās fut interrogé par une femme qui avait fait vœu de sacrifier son fils à la Ka‘ba. Il lui ordonna d’immoler cent chamelles et lui mentionna l’histoire de ‘Abd al-Muṭṭalib comme référence. Elle s’adressa aussi à ‘Abd Allāh ibn ‘Umar, mais il ne lui donna aucune fatwā, se gardant de trancher. La nouvelle parvint à Marwān ibn al-Ḥakam, alors gouverneur de Médine, et il déclara : «Ni l’un ni l’autre n’ont correctement statué.» Il ordonna ensuite à la femme d’accomplir tout le bien dont elle était capable et l’empêcha de sacrifier son enfant, sans exiger d’elle l’immolation de chamelles. Les gens adoptèrent dès lors l’avis de Marwān (5). Dieu sait mieux.
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Mention du mariage de ‘Abd al-Muṭṭalib de son fils ‘Abd Allāh avec Āmina bint Wahb az-Zuhriyya.
Ibn Isḥāq dit : «Puis ‘Abd al-Muṭṭalib s’en retourna, tenant son fils ‘Abd Allāh par la main. Au dire de certains, ils passèrent, alors qu’ils étaient près de la Ka‘ba, devant une femme de Banū Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Quṣayy, Umm Qitāl, sœur de Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Quṣayy. Elle remarqua le visage de ‘Abd Allāh et s’écria : “Où vas-tu donc, ô ‘Abd Allāh ?” Il répondit : “Avec mon père.” Elle lui dit : “Te voici avec...”»