Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lors du creusement de Zamzam (1), ‘Abd al-Muṭṭalib déclara que s’il lui naissait dix fils qui parviendraient à l’âge de le défendre, il sacrifierait (2) l’un d’eux pour Dieu auprès de la Kaʿba. Lorsque ses fils furent au nombre de dix et qu’il sut qu’ils pourraient le protéger – à savoir : al-Ḥārith, al-Zubayr, Ḥajl, Ḍirār, al-Muqarram, Abū Lahab, al-ʿAbbās, Ḥamza, Abū Ṭālib et ʿAbd Allāh (3) –, il les rassembla, leur fit part de son vœu et les appela à l’accomplir pour Dieu – Exalté soit-Il –. Ils lui obéirent et demandèrent : « Comment devons-nous procéder ? » Il répondit : « Que chacun de vous prenne un qidaḥ (bâton servant au tirage au sort), écrive son nom dessus, puis qu’il me l’apporte. » Ils s’exécutèrent, puis revinrent le voir. Il se rendit alors avec eux chez Hubal, à l’intérieur de la Kaʿba, où se trouvait le puits recueillant les offrandes destinées à la Kaʿba. À proximité de Hubal se trouvaient sept qidāḥ (flèches divinatoires), que l’on nommait azlām, par lesquelles on tranchait dans les affaires difficiles – qu’il s’agisse de prix du sang, de filiation ou d’autres sujets –, et dont le verdict était toujours respecté (4).

Ainsi, quand ‘Abd al-Muṭṭalib vint tirer au sort auprès de Hubal, la flèche désigna son fils ‘Abd Allāh, qui était le plus jeune et le plus aimé de ses enfants. ‘Abd al-Muṭṭalib s’empara alors de la main de ‘Abd Allāh, prit un couteau et se dirigea avec lui vers Isāf et Nāʾila pour l’immoler. Mais les Quraysh se levèrent dans leurs assemblées et lui dirent : « Que veux-tu faire, ô ‘Abd al-Muṭṭalib ? » Il répondit : « Je vais l’égorger. » Les Quraysh et les fils de ‘Abd al-Muṭṭalib, frères de ‘Abd Allāh, intervinrent : « Par Dieu, tu ne vas pas l’égorger tant que tu n’auras pas épuisé toutes les possibilités. Si tu fais cela, chaque homme viendra avec son fils pour l’égorger, et comment les gens subsisteraient-ils alors ? » (5)

Yūnus b. Bukayr rapporte, d’après Ibn Isḥāq, que c’est al-ʿAbbās qui arracha ‘Abd Allāh de sous la jambe de son père alors que ce dernier s’apprêtait à l’immoler, et l’on dit qu’il lui entailla le visage d’une blessure qui demeura jusqu’à sa mort. Par la suite, les Quraysh conseillèrent à ‘Abd al-Muṭṭalib de partir pour le Ḥijāz, car il s’y trouvait une voyante, accompagnée d’un esprit, qu’il pourrait consulter au sujet de cette affaire. « Ensuite, agirai-tu selon son ordre : si elle t’ordonne d’immoler ton fils, tu le feras ; si elle t’indique une issue pour vous deux, tu l’accepteras. » Ils se mirent donc en route et se rendirent à Médine, où ils trouvèrent la voyante – appelée Sajāḥ (6) d’après Yūnus b. Bukayr citant Ibn Isḥāq – à Khaybar. Ils allèrent la voir, l’interrogèrent, et ‘Abd al-Muṭṭalib lui raconta ce qui s’était passé pour lui et son fils. Elle leur dit : « Laissez-moi jusqu’à demain, que mon assistant vienne afin que je l’interroge. » Ils s’en allèrent, puis ‘Abd al-Muṭṭalib invoqua Dieu en sortant.

Le lendemain, ils revinrent et elle leur annonça : « Le message m’est parvenu. Quelle est, chez vous, la valeur de la diya ? » Ils répondirent : « Dix chameaux. » Ainsi en était-il. Elle leur dit : « Retournez dans votre pays, placez votre fils d’un côté et dix chameaux de l’autre, puis procédez au tirage avec les qidāḥ. Si la flèche désigne… »

(1) Ainsi dans la source B, édition T. Ce qui est conforme à la Sîra. Dans la source A : quand. (2) Dans l'édition T : « liudhbahn » (ils sacrifieront). (3) Ibn Ishâq n'a pas mentionné les noms des dix. (4) Al-Sîra (vol. 1, pp. 151‑152). (5) Al-Sîra (vol. 1, p. 153). (6) Et dans Al-Rawd al-Anf (vol. 1, p. 177) : selon Abd al-Ghani, son nom est Qutba.
عند (١) حفر زمزم: لئن وُلِد له عشرةُ نفرٍ ثمّ بلغوا معه حتى يمنعوه لَيَنْحَرنّ (٢) أحدَهم لله عند الكعبة. فلما تكامل بنوه عشرة، وَعَرف أنهم سيمنعونه، وهم: الحارث، والزبير، وحَجل، وضرار، والمقرّم، وأبو لَهب، والعباس، وحمزة، وأبو طالب، وعبد الله (٣) ، جمعهم ثمّ أخبرهم بنذره، ودعاهم إلى الوفاء لله – Exalté soit-Il – بذلك، فأطاعوه وقالوا: كيف نصنع؟ قال: ليأخذ كلُّ رجلٍ منكم قِدْحًا، ثمّ يكتبُ فيه اسمَه، ثم ائتوني. ففعلوا ثم أتوه، فدخل بهم على هُبَل في جوف الكعبة، وكانت تلك البئر هي التي يجمع فيها ما يُهدَى للكعبة، وكان عند هُبل قِدَاح سبعة، وهي الأزلام التي يتحاكمون إليها إذا أعضل عليهم أمر من عَقْل أو نَسَب أو أمرٍ من الأمور جاؤوا فاستقسموا بها، فما أمرتهم به أو نهتهم عنه امتثلوه (٤) . والمقصود أن عبد المطلب لما جاء يستقسم بالقدح عند هُبل خرج القدح على ابنه عبد الله، وكان أصغرَ ولده وأحبَّهم إليه، فأخذ عبد المطلب بيد ابنه عبد الله، وأخذ الشفرةَ، ثمّ أقبل به إلى إساف ونائلة ليذبحه، فقامت إليه قريش من أنديتها فقالوا: ما تريد يا عبد المطلب؟ قال: أذبحه. فقالت له قريش وبنوه أخوة عبد الله: والله لا تذبحه أبدًا حتى تُعْذِر فيه، لئن فعلتَ هذا لا يزال الرجل يجيء بابنه حتى يذبحه، فما بقاء الناس على هذا (٥) . وذكر يونس بن بكير، عن ابن إسحاق أن العباس هو الذي اجتذب عبدَ الله من تحت رجل أبيه حين وضعها عليه ليذبحه، فيقال: إنه شج وجهه شجًا لم يزل في وجهه إلى أن مات. ثمّ أشارت قريش على عبد المطلب أن يذهب إلى الحجاز فإن بها عَرَّافة لها تابعٌ فيسألها عن ذلك، ثمّ أنت على رأس أمرك إن أمرتك بذبحه فاذبحه، وإن أمرتك بأمرٍ لك وله فيه مخرج قبلته. فانطلقوا حتى أتوا المدينةَ، فوجدوا العرّافة وهي سَجَاح (٦) -فيما ذكره يونس بن بكير عن ابن إسحاق- بخيبر، فركبوا حتى جاؤوها فسألوها، وقصَّ عليها عبدُ المطلب خبرَه وخبرَ ابنه، فقالت لهم: ارجعوا عني اليومَ حتى يأتيني تابعي فأسأله. فرجعوا من عندها. فلما خرجوا قام عبد المطلب يدعو الله، ثمّ غدوا عليها فقالت لهم: قد جاءني الخبر، كم الدِّيةُ فيكم؟ قالوا: عشرٌ من الإبل، وكانت كذلك. قالت: فارجعوا إلى بلادكم، ثم قرِّبوا صاحبَكم وقرّبوا عشرًا من الإبل، ثم اضربوا عليها وعليه بالقداح، فإن خرجت على
(١) كذا في ب، وط. وهو موافق للسيرة. وفي أ: حين. (٢) في ط: ليذبحن. (٣) لم يذكر ابن إسحاق أسماء العشرة. (٤) السيرة (١/ ١٥١ - ١٥٢). (٥) السيرة (١/ ١٥٣). (٦) وفي الروض الأنف (١/ ١٧٧): عن عبد الغني أن اسمها: قُطبة.

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