Certains docteurs de la loi ont rapporté cette tradition au nom d’al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, mais l’avis correct est qu’elle remonte à ‘Abd al-Muṭṭalib lui-même, car c’est lui qui, comme nous l’avons déjà signalé, entreprit de nouveau le creusement de Zamzam, et Dieu sait mieux que quiconque. Al-Umawî a dit dans son ouvrage « al-Maghâzî » : « Abû ‘Ubayd nous a rapporté qu’il tenait de Yaḥyâ ibn Sa‘îd, lequel se référait à ‘Abd al-Raḥmân ibn Ḥarmala, que ce dernier entendit Sa‘îd ibn al-Musayyib raconter que, lorsque ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hâshim creusa de nouveau Zamzam, il déclara : “Je ne l’autorise pas à celui qui souhaite s’y laver ; quant à qui voudra en boire, elle lui est permise, pureté et abondance.” »
Cela vient du fait qu’il y appointa deux bassins : un pour la boisson et un autre pour les ablutions. À ce propos, il déclara : « Je ne l’autorise pas pour s’y baigner, afin de préserver la Mosquée et d’empêcher que l’on s’y lave. » Abû ‘Ubayd dit : « Al-Aṣma‘î a expliqué que le mot (وبل) est un terme d’enchaînement (ittibâ‘). » Abû ‘Ubayd (1) précisa ensuite : « L’ittibâ‘ ne se forme toutefois pas avec la conjonction “wa” (et). Mais comme l’a dit Mu‘tamir ibn Sulaymân, (بل) dans la langue des Ḥimyar désigne quelque chose de licite (2). »
Abû ‘Ubayd poursuivit : « Abû Bakr ibn ‘Ayyâsh nous a rapporté, d’après ‘Āṣim ibn Abî n-Nujûd, lequel l’entendit de Zur, qui l’entendit de l’‘Abbâs : “Je ne l’autorise pas à celui qui souhaite s’y laver ; quant à qui voudra en boire, elle lui est permise, pureté et abondance.” De même, ‘Abd al-Raḥmân ibn Mahdî, nous a rapporté, d’après Sufyân, suivant ‘Abd al-Raḥmân ibn ‘Alqama, que celui-ci avait entendu Ibn ‘Abbâs répéter la même formule. Tout cela est authentique et démontre qu’ils transmettaient à leur époque cette condition établie par ‘Abd al-Muṭṭalib lors du creusement de la source, sans contredire pour autant ce qui précède. Dieu est plus savant. »
La fonction de la distribution de l’eau (as-siqâya) revint à ‘Abd al-Muṭṭalib de son vivant, puis passa à son fils Abû Ṭâlib pendant un certain temps. Il advint qu’en une année de difficulté, Abû Ṭâlib dut emprunter à son frère al-‘Abbâs dix mille (pièces) jusqu’à la saison suivante, qu’il dépensa en faveur des pèlerins, dans le cadre de la siqâya (3). À l’approche de la nouvelle année, Abû Ṭâlib ne disposait plus de rien. Il dit alors à son frère al-‘Abbâs : « Prête-moi encore quatorze mille jusqu’à l’an prochain, puis je te rendrai tout ton dû. » Al-‘Abbâs répondit : « À la condition que si tu ne me rends pas mon argent, tu me laisses la fonction de l’eau, et je m’en chargerai moi-même. » Abû Ṭâlib accepta. Arriva l’année suivante, et Abû Ṭâlib ne put rembourser al-‘Abbâs, si bien qu’il lui céda la siqâya, laquelle passa sous sa responsabilité. Elle échut ensuite à son fils ‘Abd Allâh, puis fut transmise à ‘Alî ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs, avant de revenir à Dâwud ibn ‘Alî, puis à Sulaymân ibn ‘Alî, puis à ‘Îsâ ibn ‘Alî. Finalement, al-Manṣûr s’en saisit et la confia en délégation à son affranchi Abû Razîn, ainsi que l’a relaté al-Umawî.
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Au sujet du vœu de ‘Abd al-Muṭṭalib de sacrifier l’un de ses fils (4)
Ibn Isḥâq rapporte : « On raconte que ‘Abd al-Muṭṭalib fit un vœu lorsqu’il subit de la part de Quraysh ce qu’il subit… »