Je dis, lorsque je descends dans une terre redoutable : « Ô Toi, par Ta grâce, ne donne pas prise sur moi à mes ennemis. Par Ta clémence, en effet, les djinns mettaient en eux leur espoir, tandis que Toi, Tu es mon Dieu, notre Seigneur et mon espoir. » (1)
Certes, la miséricorde de son Seigneur atteindra l’homme, même s’il était sous terre, au fond de soixante-dix vallées. (2)
J’adore un Seigneur qui exauce (les prières), et je ne saurais adorer celui qui n’entend pas à travers les âges. Je dis, lorsque je prie dans chaque sanctuaire : « Tu es béni ; j’ai abondamment invoqué Ton nom. »
Il a déjà été rapporté que Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl quitta le Châm en compagnie de Waraqah ibn Nawfal, ʿUthmân ibn al-Ḥuwayrith et ʿUbayd Allâh ibn Jaḥsh ; ils adoptèrent tous le christianisme à l’exception de Zayd, qui n’entra dans aucune religion. Il demeura plutôt en accord avec sa disposition innée, en n’adorant qu’Allâh, sans associé, suivant autant que possible la religion d’Ibrâhîm, comme cela a été mentionné. (3)
Quant à Waraqah ibn Nawfal, son histoire viendra au début de la mission prophétique. (4)
Pour ce qui est de ʿUthmân ibn al-Ḥuwayrith, il demeura au Châm jusqu’à sa mort auprès de César. (5) Il possède une histoire surprenante rapportée par l’auteur al-Umawî. Pour résumer : lorsqu’il arriva auprès de César, il se plaignit du traitement que lui infligeait son peuple. Alors César écrivit à Ibn Jafna, roi des Arabes du Châm, pour qu’il prépare une armée destinée à combattre Quraysh. Il y consentit d’abord, mais les tribus arabes lui écrivirent pour l’en dissuader, à la vue de la grandeur de La Mecque et du sort réservé par Dieu aux compagnons de l’éléphant. Ibn Jafna lui offrit alors une tunique teinte et empoisonnée, et il mourut de ce poison. (6) Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl composa pour lui une élégie, rapportée par al-Umawî, que nous avons omise par souci de brièveté. Sa mort survint trois ans, ou à peu près, avant la mission prophétique. Et Dieu – Très-Haut – est plus savant. (7)