On présenta au Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) un plat de nourriture, mais il refusa d’en manger. Zayd dit alors : « Je ne mange pas de ce que vous immolez sur vos stèles, et je ne mange que de ce sur quoi le nom de Dieu est prononcé. » Zayd ibn ‘Amr (1) critiquait ainsi les sacrifices de Quraysh en disant : « La brebis a été créée par Dieu ; Il lui a fait descendre de l’eau du ciel (2) et fait pousser pour elle (3) ce qui se trouve dans la terre. Ensuite, vous l’égorgez sans mentionner le nom de Dieu. » Il le désapprouvait et considérait cela comme un acte grave.
Mûsâ ibn ‘Uqba a rapporté : « Sâlim ibn ‘Abdallâh m’a raconté – et je ne pense pas qu’il tienne cela que de son père Ibn ‘Umar (4) – que Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl se rendit en Syrie (ash-Shâm) pour y rechercher la religion et la suivre. Il rencontra un érudit parmi les Juifs, l’interrogea sur leur religion et lui dit : “Je suis sur le point d’adopter votre religion, alors éclaire-moi.” L’autre répondit : “Tu ne pourras être des nôtres qu’en acceptant ta part de la colère de Dieu.” Zayd s’exclama : “Je ne cherche qu’à fuir la colère de Dieu ! Je ne saurais en porter quoi que ce soit ni le supporter. Peux-tu alors me guider vers un autre chemin ?” L’homme répliqua : “Je n’en connais pas d’autre, sauf que tu sois ‘hanîf’.” Zayd demanda : “Qu’est-ce qu’un hanîf ?” Il lui dit : “La religion d’Ibrâhîm (que la paix soit sur lui). Il n’était ni juif ni chrétien et n’adorait que Dieu.” Zayd quitta donc cet érudit, puis rencontra un érudit parmi les chrétiens ; il lui exposa la même requête. L’érudit chrétien lui répondit : “Tu ne saurais être des nôtres qu’en acceptant ta part de la malédiction de Dieu.” Zayd s’étonna : “Je ne cherche qu’à fuir la malédiction de Dieu ! Je ne saurais en porter ni la supporter. Peux-tu alors me guider vers un autre chemin ?” Il répliqua : “Je n’en connais pas d’autre, sauf que tu sois hanîf.” Zayd redemanda : “Qu’est-ce que le hanîf ?” Il lui fut dit : “C’est la religion d’Ibrâhîm. Il n’était ni juif ni chrétien et n’adorait que Dieu.” Lorsque Zayd entendit leurs propos au sujet d’Ibrâhîm, il s’en alla. Puis, arrivé à l’extérieur, il leva les mains et s’écria : “Ô Dieu, je Te prends à témoin que je suis sur la religion d’Ibrâhîm.” »
(8) Al-Layth a rapporté : « Hishâm ibn ‘Urwa m’a écrit, d’après son père, qu’Asmâ’ bint Abî Bakr a dit : “J’ai vu Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl se tenir debout, adossé à la Ka‘ba, et dire : ‘Ô gens de Quraysh ! Par Dieu, il n’y a personne parmi vous qui soit sur la religion d’Ibrâhîm, hormis moi.’” Par ailleurs, il sauvait les nouveau-nées qu’on voulait enterrer vivantes ; il disait à celui qui s’apprêtait à tuer sa fille : ‘Ne la tue pas, je pourvoirai à ses besoins.’ Il la prenait alors sous sa protection. Lorsqu’elle grandissait, il disait à son père : ‘Si tu le souhaites, je te la rends ; sinon, je continuerai à m’en occuper.’” Ceci clôt le passage rapporté par Al-Bukhârî.
Quant au dernier hadith, l’Hâfiẓ Ibn ‘Asâkir l’a rapporté par une chaîne remontant à Abû Bakr ibn Abî Dâwud, d’après ‘Isâ ibn