On les invita donc à prendre part à leur repas, mais Zayd ibn ‘Amr déclara : « Ô fils de mon frère, je ne mange pas de ce qui a été immolé sur les autels (1). »
Muhammad ibn Sa‘d dit : « Muhammad ibn ‘Amr nous a rapporté, et Abû Bakr ibn Abî Sabrah m’a raconté, d’après Mûsâ ibn Maysarah, d’après Ibn Abî Mulaïkah, d’après Hujayr (2) ibn Abî I hâb : “J’ai vu Zayd ibn ‘Amr alors que je me trouvais auprès de l’idole de Buwanah, après son retour de Syrie. Il observait le soleil ; lorsque celui-ci passait son zénith, il se tournait vers la Ka‘ba, accomplissait une rak‘a et deux prosternations, puis disait : ‘Voici la direction (qibla) d’Ibrâhîm et d’Ismâ‘îl ; je n’adore nullement la pierre, je ne prie pas pour elle, je ne mange pas de ce qui lui est immolé, je ne pratique pas la divination par les flèches, et je prierai en direction de cette Maison jusqu’à ma mort.’” »
Il accomplissait le pèlerinage et se tenait à ‘Arafa. Il prononçait la talbiya en disant : « Me voici (labbayk). Tu n’as ni associé ni rival. » Puis il quittait ‘Arafa à pied en disant : « Me voici, en serviteur dévoué (4). »
Al-Wâqidî a rapporté : « ‘Alî ibn ‘Îsâ al-Hakamî m’a raconté, d’après son père, d’après ‘Âmir ibn Rabî‘a, qui a dit : “J’ai entendu Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl dire : ‘J’attends un Prophète issu de la descendance d’Ismâ‘îl, puis des Banû ‘Abd al-Muttalib. Je ne pense pas que je le rencontrerai, mais je crois en lui et je reconnais qu’il est véridique ; j’atteste qu’il est Prophète. Si ta vie se prolonge et que tu le voies, transmets-lui mes salutations. Je vais te le décrire afin que tu ne puisses pas le méconnaître.’” »
Je (c.-à-d. ‘Âmir) lui dis : « Parle ! » Il répondit : « C’est un homme qui n’est ni grand ni petit, ni très chevelu ni trop peu, dont les yeux conservent toujours une légère rougeur, et entre ses épaules se trouve le sceau de la prophétie. Il porte le nom d’Ahmad. Cette cité est son lieu de naissance et là où il sera envoyé en mission. Ensuite, son peuple le fera sortir de cette ville et repoussera ce qu’il apportera, si bien qu’il émigrera à Yathrib, où son ordre triomphera. Veille à ne pas te tromper à son sujet. En vérité, j’ai parcouru toutes les contrées à la recherche de la religion d’Ibrâhîm. Et chaque fois que je demandais des renseignements aux juifs, aux chrétiens ou aux mages, ils me disaient : “Cette religion t’attend devant toi.” Ils le décrivaient tel que je viens de te le présenter, en ajoutant qu’il ne restait plus d’autre Prophète que lui.” »
‘Âmir ibn Rabî‘a poursuit : « Lorsque j’embrassai l’islam, j’informai le Messager d’Allah (ﷺ) de ce que Zayd ibn ‘Amr avait dit et je lui transmis ses salutations. Il répondit en implorant la miséricorde divine pour lui et ajouta : “Je l’ai vu au Paradis en train de traîner ses vêtements.” (5). »
Al-Bukhârî, dans son recueil authentique (6), à propos de Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl, rapporte : « Muhammad ibn Abî Bakr m’a raconté, Fudayl ibn Sulaymân nous a rapporté, Mûsâ ibn ‘Uqba nous a rapporté, [puis] Sâlim ibn (7) ‘Abd Allâh ibn ‘Umar a dit que le Prophète (ﷺ) rencontra Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl à Asfal Baldah avant que la Révélation ne soit descendue sur lui (ﷺ). »