D’après Mujâlid, rapportant d’al-Shaʿbî, lui-même rapportant d’Abd al-Raḥmân ibn Zayd ibn al-Khaṭṭâb, il a dit : « Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl déclara : “J’ai approché le judaïsme et le christianisme, mais je les ai trouvés repoussants(1). Je me suis alors rendu en Syrie et dans les régions avoisinantes jusqu’à ce que j’arrive auprès d’un moine dans sa cellule(2). Je lui ai fait part de mon éloignement de mon peuple et de mon aversion pour l’adoration des idoles, ainsi que pour le judaïsme et le christianisme.” »
Le moine lui répondit : « Il me semble que tu recherches la religion d’Ibrâhîm (Abraham), ô frère de ceux de La Mecque. Tu poursuis en effet une religion qu’aucune personne ne pratique aujourd’hui. C’est la religion de ton père Ibrâhîm : il était ḥanîf, ni juif ni chrétien(3). Il priait et se prosternait en direction de cette Maison, là où tu vis, alors retourne à ton pays. Car Dieu suscitera parmi ton peuple, dans ton pays, celui qui apportera la religion d’Ibrâhîm, la ḥanîfiyya, et c’est l’être le plus noble auprès de Dieu(4). »
Yûnus rapporte, d’après Ibn Isḥâq, que l’un des membres de la famille de Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl raconta : « Lorsque Zayd entrait dans la Kaʿba, il disait : “Me voici, en toute vérité, me voici, en acte d’adoration et d’humilité. Je cherche refuge dans ce en quoi Ibrâhîm s’était réfugié, alors qu’il se tenait debout pour dire : ‘Ô mon Dieu, je me soumets à Toi, le front dans la poussière ; quoi que Tu m’ordonnes, je l’accomplirai.’ Je recherche la droiture (al-birr), et non la parenté ; celui qui délaisse cela n’est pas semblable à celui qui le prononce(5).” »
Abû Dâwud al-Ṭayâlisî a rapporté : « Al-Masʿûdî nous a transmis, d’après Nufayl ibn Hishâm ibn Saʿîd ibn Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl al-ʿAdawî, d’après son père, d’après son grand-père, que Zayd ibn ʿAmr et Waraqah ibn Nawfal partirent à la recherche de la vraie religion. Ils parvinrent à un moine à al-Mawṣil (Mossoul), qui demanda à Zayd ibn ʿAmr : “D’où viens-tu, homme monté sur le chameau ?” Zayd répondit : “Je viens du pays d’Ibrâhîm.” — “Et qu’espères-tu trouver ?” poursuivit-il. “Je recherche la religion,” dit Zayd. Le moine affirma alors : “Retourne chez toi, car il est sur le point d’apparaître, dans ton pays, la vraie religion.” »
Zayd poursuivit : « Quant à Waraqah, il se convertit au christianisme. Pour ma part, j’avais envisagé de faire de même, mais cela ne me convenait pas. Je suis donc rentré (à La Mecque) et je disais :
“Me voici, en toute vérité, me voici… en acte d’adoration et d’humilité.
Je poursuis la droiture, et non la parenté, y a-t-il plus éloquent que celui qui l’affirme ?
Je crois en ce en quoi Ibrâhîm a cru.”
Et il répétait : “Le front à terre, je me soumets, prêt à accomplir tout ce que Tu m’ordonnes,” puis il se jetait au sol en prosternation. »
Le récit se poursuit : « Son fils, c’est-à-dire Saʿîd ibn Zayd – l’un des dix compagnons (promis au Paradis) – vint alors trouver le Messager de Dieu (ﷺ) et dit : “Ô Messager de Dieu, mon père était tel que tu le sais et tel que cela t’est parvenu ; implore donc le pardon pour lui.” Le Prophète (ﷺ) répondit : “Oui, car il sera ressuscité au Jour de la Résurrection en tant qu’une communauté à lui seul(6).” »
On rapporte également : « Un jour, Zayd ibn ʿAmr ibn Zayd croisa le Messager de Dieu (ﷺ) accompagné de Zayd ibn Ḥâritha, alors qu’ils mangeaient d’un repas qu’ils partageaient… »